Arisa & Kureno par Taoundara





Kureno Soma est dans une pièce qui semble être sa chambre. Assis devant un bureau, la tête posée sur ses mains, il est pensif. Devant lui il y a le papier que Toru lui a donné quelques semaines auparavant, avec les coordonnées d’Arisa. Son oeil gauche se tourne vers le bout de papier et le visage souriant de la jeune fille blonde apparaît.

Pensée de Kureno - Pourquoi est-ce que je pense à elle ? Pourquoi je n’arrive pas à l’oublier ?
Il pousse sa chaise subitement et saisit le papier en le serrant dans sa main, le froissant. Désespéré d’être si obsédé par elle, il s’énerve contre lui même.
Kureno - Je ne l’ai vu que deux fois ! Je me fiche de cette fille ! Ce n’est pas... Ce n’est pas comme si j’étais tombé amoureux d’elle !
Il reste figé après sa phrase et réalise qu’il a enfin mis en parole ses sentiments étranges.
Pensée de Kureno - C’est absurde... Ce n’est pas possible...
Il desserre sa main et y voit le papier en piteux état. Une image de d’Arisa lui revient en mémoire, la dernière fois qu’il l’a vu, au moment où il allait l’embrasser mais est parti avant. La vision de cette fille le fixant avec amour lui serre le cœur. Il ferme les yeux.
Pensée de Kureno - Même si je pouvais la revoir, cela ne servirait à rien...
D’un mouvement hésitant, il jette le papier dans la cheminée en face de lui et le regarde se consumer, les yeux tristes.
Kureno - Je ne pourrais jamais avoir une vie normale et être amoureux... Tous les autres signes qui ont essayé ont échoués...
Pensée de Kureno - Alors je ferais mieux de l’oublier...

Lendemain, école de Toru & co.

Toru, Saki, Arisa, Kyo et Yuki déjeunent dans la cour de l’école. Bien évidement, les deux garçons se disputent, s’envoyant des vannes et Toru tente -en vain- de les arrêter.
Arisa est pensive, ne prenant pas part à la dispute et Saki voit bien que son amie est étrange.
Saki - Arisa, quelque chose te préoccupe, tu devrais peut-être en parler...
Le Chat qui entend ça, rapplique pour la taquiner.
Kyo - Alors Yankee, on a des p’tits problèmes ?
Il la regarde avec satisfaction, attendant qu’elle lui renvoie une vanne à son tour. Mais elle ne fait rien, se levant calmement. Il la regardent partir, étonnés. Kyo en reste bouche baie.

Le soir, la jeune blonde finit son travail. Elle est serveuse dans un petit restaurant de son quartier. Son tablier enlevé, elle attrape ses affaires et rentre chez elle. La nuit est calme, la pleine lune éclaire les rues, la jeune fille, son sac sous le bras, marche sans conviction.
Lorsqu’elle arrive dans la rue où se trouve son studio, elle aperçoit une silhouette masculine. Elle reconnaît immédiatement Kureno qui semble errer sans but, le regarde pensif. Elle n’en croit pas ses yeux. Elle s’approche de lui avec hésitation.
Arisa - Kureno-san ? C’est bien vous ?
L’homme est très surpris car elle l’a brusquement sorti de ses pensées.
Kureno - Arisa-san ?
Arisa - Et bien ça pour une surprise !
La joie de le revoir se lit sur son visage. Lui, par contre, est figé. Il ne comprend pas comment cela se fait qu’il soit en face d’elle. Agacé de la voir alors que la veille il s’était décidé à l’oublier, il s’énerve.
Kureno - Vous me poursuivez ma parole ! Comment se fait-il que vous soyez partout où je vais ?!?
A cette réaction inattendue, la Yankee réplique.
Arisa - Non mais ça va pas bien chez vous ! C’est VOUS qui me poursuivez, inversez pas les rôles ! VOUS êtes devant chez MOI, JE rentre chez MOI !!!
A ces mots, l’homme ne sait que dire. Il regarde autour de lui et aperçoit l’immeuble que la jeune fille pointe du doigt. Il regarde le nom de la rue et a un flash : c’est la même adresse qui était notée sur le bout de papier brûlé la veille. Il s’étonne lui-même de se rappeler avec autant d’exactitude ces coordonnées. Même son numéro de téléphone est gravé dans sa mémoire.
Pensée de Kureno - Je serais donc venu ici inconsciemment ?
A cette idée, il tourne les talons et tente de s’éloigner d’elle. Mais elle ne le laisse pas faire et lui barre le passage.
Arisa - Non mais c’est quoi votre problème, bon sang ? Vous venez ici, vous me criez dessus et vous partez sans dire un mot ?
Mais Kureno est perplexe, il ne sait pas lui-même pourquoi il est là, son regard est celui d’un enfant perdu et effrayé. Arisa s’inquiète, redevenant calme.
Arisa - Ca ne va pas ? qu’est-ce qu’il y a ?
Kureno - Je... je ne sais pas... Je ne comprends rien... Pourquoi suis-je ici ? Pourquoi ais-je autant envie de revoir votre sourire ?
La jeune fille est surprise.
Kureno - J’avais décidé de ne plus vous revoir mais... J’avais aussi tant envie de passer du temps en votre compagnie...
Il reste silencieux quelques secondes et ajoute.
Kureno - Vous devez me trouvez stupide, n’est ce pas ? Après tout, nous ne nous connaissons pas... Je suis ridicule.
Il se cache le visage de honte. Elle, de son côté, sourit et répond.
Arisa - Et bien alors nous sommes deux à être ridicules...

Un moment plus tard, dans un petit parc boisé.

Les deux jeunes gens sont assis sur un banc qui se trouve en face d’un petit bassin où nagent des poissons. Ils discutent mais ils sont mal à l’aise.
Arisa - Dites moi, quel genre de travail faites-vous ?
Kureno - Et bien... Je m’occupe d’une personne de ma famille.
Arisa - Hmm... Je vois...
Elle semble très curieuse et désireuse d’en savoir plus. Ne voulant pas entrer dans les détails, il change de sujet.
Kureno - Et vous ? Quel genre de métier souhaitez-vous exercer ?
Arisa - Je n’en sais rien... Une de mes amies m’a dit que mannequin m’irait bien, mais...
Le jeune homme l’observe à la lumière de la lune, sourit et murmure.
Kureno - En effet vous seriez parfaite pour ce genre de métier...
Elle se met à rougir et ne sait plus comment se mettre.
Arisa - Vous me taquinez, c’est ça ? Vous êtes pas sympa...
Il est étonné et explique sa pensée.
Kureno - Ah non pas du tout ! Je voulais dire que vous étiez grande et mince et c’est ce qu’on recherche chez une mannequin. Et puis il faut dire... Que vous êtes très belle aussi....
Arisa est très flattée, elle balbutie.
Arisa - Ah... Heu... Et bien...
Elle reste silencieuse tout en l’observant du coin des yeux. Lui la fixe avec un regard tendre, presque naïf. Ils se dévisagent mutuellement.
La jeune file rassemble tout son courage et demande d’une vois tremblante.
Arisa - Je... Je suis heureuse de vous revoir... Est-ce pareil pour vous ?
Il lui sourit.
Kureno - Oui, très heureux...
Les yeux de la jeune fille s’illuminent.
Arisa - Vraiment ? C’est super ! Alors on pourrait se revoir !
A cette phrase, le garçon est gêné. Il se lève.
Kureno - Je... je ne crois pas... Notre rencontre d’aujourd’hui est vraiment une coïncidence...
Arisa - Coïncidence ?
Il soupire.
Kureno - Ma famille n’acceptera jamais que je vous fréquente.
Arisa - Pourquoi ? Parce que je suis une pauvre étudiante vivant dans un petit quartier ? Je ne serais pas assez bien pour vous ?
Le jeune homme s’empresse de la rassurer.
Kureno - Vous vous méprenez, Arisa-kun ! Cela n’a rien à voir avec vous ! C’est ma famille... Je ne sais pas à l’avance quand mon emploi du temps me permettra de sortir de chez moi...
Elle se lève à son tour et s’avance vers lui.
Arisa - Avez-vous envie de me revoir ?
Kureno - Comme je vous ai expliqué, je...
Elle insiste.
Arisa - Kureno-kun, souhaitez-vous me revoir ?
Il baisse la tête et balbutie.
Kureno - Ou... Oui... Plus que tout...
Arisa - Alors nous allons nous revoir !
Il relève la tête et la voit très décidée.
Arisa - Si vous ne savez pas quand vous pourrez venir, alors j’ai une idée : je viendrai ici tous les soirs ! Rendez-vous sur ce banc à 22h ! Si au bout d’une demi heure vous n’êtes pas là, ça voudra dire que vous n’avez pas pu vous libérer de votre famille. C’est une bonne idée, n’est-ce pas ?
Il ne sait que dire : elle irait jusqu’à l’attendre tous les soir dans la nuit ? Il hésite, mais cette idée le séduit.
Kureno - Si nous devons nous revoir, ce sera sous certaines conditions...
Arisa - Des conditions ?
Elle le regarde avec surprise.
Kureno - Numéro 1 : Ne pas me poser des questions sur mon passé, ma famille, ni même mon travail.
Elle ne dit rien puis répond décidée.
Arisa - Ca marche !
Kureno - Numéro 2 : Ne pas m’en vouloir si je ne viens pas.
Elle accepte la seconde avec un hochement de tête.
Kureno - Numéro 3 : Ne pas m’attendre plus de 30 minutes... Et puis numéro 4...
Il rougit à l’idée de cette quatrième condition.
Kureno - Numéro 4 : Ne pas briser mon cœur trop durement... Vous êtes la première fille... que je fréquente...
Elle se met à sourire.
Arisa - Ces conditions me conviennent...
Ils se dévisagent et rougissent...

Le lendemain soir.

Arisa est à son boulot. L’heure du rendez-vous approche. Sa patronne annonce la fermeture du restaurant.
Patronne - Uotani, tu peux partir, nous fermons.
Dans la seconde qui suit, Arisa enlève son tablier, le jette sur la table de cuisine et franchit la porte de sortie, d’une telle vitesse que les cheveux de la femme se mettent à voler.

La jeune blonde arrive au point de rendez-vous en courant mais trouve le banc vide. Fort déçue, elle s’y assoit et attend. Au bout de 30 minutes, il n’y a toujours personne. Elle s’en va, les mains dans les poches, triste.

Une semaine plus tard.

A l’école, Arisa n’a plus goût à rien. Ses amis sont inquiets, elle semble ailleurs et triste...
Nous sommes le soir. Il pleut, un vrai déluge. Le vent est fort, il fait nuit noire, la lune est cachée par les nuages.
Une personne habillée d’un long manteau noir marche difficilement dans ces conditions climatiques. Elle pénètre dans le parc, lieu du rendez-vous. La personne s’arrête et regarde sa montre : minuit passé. Elle avance encore et arrive près du fameux banc et y voit une jeune fille, recroquevillée sur elle-même, grelottant de froid, se réchauffant les mains en y soufflant dessus. La personne au manteau noir la reconnaît : c’est Arisa. De son côté, elle tourne la tête sur sa droite et reconnaît Kureno.
Son visage trempé s’illumine.
Arisa - Kureno-kun !
Lui reste figé, la voyant si trempe. Il ne dit rien. Elle se lève et marche vers lui.
Arisa - Désolée, Kureno-kun, mais je n’ai pas respecté la condition numéro 3 : je vous ai attendu plus de 30 minutes... Je l’ai respecté les premiers jours, mais je me suis dit que peut-être nous nous rations... Ou que vous aviez mal entendu l’heure du rendez-vous... Alors je suis resté un peu plus.
Elle sourit très chaleureusement.
Arisa - Et j’ai bien fait puisque vous êtes là !
Les yeux de Kureno se remplissent de larmes : la personne qui se trouve en face de lui l’a attendue sous la pluie pendant des heures rien que pour être avec lui... LUI !
Il aimerait tellement la prendre dans ses bras pour lui montrer ce qu’il ressent, mais il ne peut pas. D’un sourire, il retire sa veste et la lui pose sur les épaules.
Kureno - Allons-nous mettre au chaud, Arisa-kun.
Arisa - Hmm...
Elle hoche la tête pour dire oui.
Pensée de Kureno - Pardon, Arisa-kun... J’aurais voulu vous montrer ma joie d’une façon différente... Pardon...
Il lui prend la main et l’amène dans un petit pub dont il semble bien connaître le gérant. Celui-ci lui prête des vêtements secs pour que les deux jeunes gens puissent se changer. Ils discutent toute la nuit jusqu’au petit matin, seuls dans la salle du pub, dans un endroit à l‘abris d‘éventuels regards indiscrets. Puis il la raccompagne chez elle. La pluie a cessée.
Au moment de se quitter, ils se regardent tout les deux tendrement. Pensant que le moment est propice, elle tente de l’enlacer mais par réflexe il la repousse. Arisa baisse les yeux. Kureno est mal à l’aise.
Un moment de silence s’installe.
Kureno - Pardon, Arisa-kun, mais je ne peux pas vous enlacer, je...
Le regard de la jeune file devient tendre et elle sourit timidement, mettant sa main sur les lèvres de l’homme pour l’empêcher de continuer. Elle murmure.
Arisa - Condition numéro 1 : ne pas poser de question... Ce n’est pas grave, ne vous inquiétez pas, je me ferai une raison...
Il essaye de se justifier.
Kureno - Ce n’est pas que je veux pas, je...
Un regard entre eux lui fait comprendre qu’elle ne lui en veut pas. Il ferme les yeux de colère, maudissant cette malédiction. Mais il sent qu’elle lui prend les mains. Il la regarde : elle lui fait un large sourire.
Arisa - Vous prendre les mains, ça je sais que je peux le faire...
Surpris dans un premier temps, il prend un air coquin.
Kureno - Nous embrasser, ça nous pouvons aussi...

Tout en gardant une certaine distance, ils s’embrassent. Il la laisse après le baiser, tout en ajoutant.
Kureno - A ce soir, j’espère, Arisa-kun. Rendez-vous au pub de ce soir pour vous éviter d’attendre sous la pluie.
Elle lui sourit.
Arisa - Oui...
Pensée d’Arisa - A ce soir ! Je j’espère de tout cœur !
Elle le regarde s’éloigner, heureuse, et rentre mettre son uniforme d’école.

PS : En cours au lycée, Arisa passa tout son temps à dormir ^





FIN