La Malédiction par Addict





Un cœur vient tout juste d’éclore…
Et dans son esprit, tout s’efface…

Il est seul dans sa cage de verre. Prison d’époque.
Les raisons sont équivoques.

Pourtant il n’est pas amer. Il a vécu. Il a aimé. Il a perdu mais surtout gagné.
Ô combien gagné. Gagné la saveur de toute une existence.

Maintenant le précipice. La déchéance. Mais il sourit.
Il l’a aimée, Elle. Cette douce fleur d’humanité. Au cœur plus pur que le cristal, que l’or, que n’importe quel métal.
Elle l’a aimé, lui. Cette boule de nerfs ambulante qui a pourtant réussi à s’adoucir. Un joyau brut qui s’est magnifiquement poli sous ses doigts de fée. Au cœur si noir qui pourtant n’a pu que succomber.

C’était un beau rêve, si doux. Si nacré.
S’il ne faisait si beau, il pourrait se laisser aller à pleurer.

Il y pense, à Elle, à eux, tous ceux qui sont au dehors, sans être pourtant ailleurs. Les rais de lumière lui rappellent la saveur de l’été. Cette saveur fruitée et acidulée qui traîne encore aux coins de sa bouche.

Cette pièce est si vide. Pourtant si chargée. Sa conscience se déverse entre ces quatre murs froids, qui se réchauffent au contact de pensées si douces, si vivantes. Tellement vraies.

Il fait chaud mais il a froid. Il fait beau mais il se sent laid. Heureusement, il ne pleut pas. Il n’aime pas se voir ruisseler comme l’eau dans un caniveau par ces jours d’averse, seul, indélébile, débile.

Combien de temps lui reste-il à vivre ? Trop d’années. Pas assez de temps. Son âme est lourde, elle pèse sur ses épaules. Si seulement il pouvait voir son sourire à nouveau…

… L’entendre rire, voir dans ses yeux combien la vie peut être belle…
… Se rendre compte combien Elle est belle…
… Remercier le ciel de L’avoir déposée sur son chemin, fragile trésor, merveille des merveilles…

Un fruit qui lui est désormais défendu…
Un espoir à jamais perdu…

Il gratte le sol, fébrilement, les yeux brouillés, l’esprit fatigué.
Rien ne peut le détourner d’Elle. Son corps n’aspire qu’à être à ses côtés.
Pourtant, Elle est plus loin. Plus loin que tout ce qui pourrait se trouver à sa portée.
Elle est sous terre, ou dans le ciel. Un astre, une chimère.
L’a-t-il rêvé ?
Elle était trop près de lui pour ne pas avoir existé.
Elle est trop loin de lui pour ne pas exister.

Il l’aime. Il l’aimera. Indéfiniment. Immensément. Tristement.
Dans sa geôle, il se souviendra chaque jour de sa vie comment Elle était. Il chérira de tout son cœur tout ce qu’Elle a pu lui offrir.
Il verra son visage en fermant les yeux. Il pleurera en les ouvrant.

Telle était la malédiction. Vivre sans mourir, aimer sans pouvoir garder.
Perdre sans pouvoir oublier.
La vie.





FIN