La Promesse d'un Printemps pour un Automne meurtri par Shi-chan





Disclaimer
: les personnages de fruits basket ne m’appartiennent pas mais la fiancée d’Akito est de mon invention.

Note de l’auteur : Voici donc ma première fanfic !! Elle met en scène Akito en exclusivité ^O^ Cette histoire est antérieure à celle du manga (avant l’arrivée de Tohru) Les phrases ( ) sont les pensées des personnages. Akito en japonais signifie « avec l’automne » et le prénom de la jeune fille « promesse ».





Chapitre 1





L’automne, quand tout se fragilise, quand tout se meurt. De ma prison de solitude, j’entends les feuilles craquer sous les pas des autres Soma, comme les os d’un corps trop frêle qui se briseraient. Je suis né avec cette saison, cette saison qui respire la mort. Comme moi. Mon corps est aussi fragile que ces feuilles, et mon âme, aussi noire que lorsque l’hiver s’approche, pourrissant les dernières tombées au sol. Une malédiction ronge mon âme à petits feux, elle a déjà dévoré mon cœur et mon corps lui aussi se meurt. Quand la mort vous habite chaque jour, sa faux au-dessus de vous à chaque instant, vous ne souhaitez qu’une chose. Une seule et unique chose. Croire qu’un avenir puisse s’offrir un jour à vous, avant que le glaive du silence ne s’abatte sur vous, entrevoir une lueur qui vous promettra une renaissance, un printemps après l’automne.

Comme chaque jour, je demeure à l’intérieur du manoir des Soma, il est si rare que j’en sorte. La malédiction m’a condamné dès ma naissance, le destin m’a prédit la date de ma mort, une mort précoce. Mais avant que la prédiction ne se réalise, je dois subir la souffrance, le malheur, et elle m’a donc emmuré entre la vie et la mort. Je demeure, je ne vis pas, je demeure dans un équilibre instable, un tourment infernal. Ne pas pouvoir vivre, ne pas pouvoir mourir, avant que la destinée n’en décide. Je suis devenu si fébrile, qu’il m’est pratiquement impossible de sortir de cette prison. Parfois, je m’effondre sur ma fenêtre et j’observe mon jardin, je regarde les saisons passer, mourir, renaître, mais dans mon âme, la seule qui persiste est l’automne.
Il m’est impossible de voir une autre personne que les membres des Soma. Et d’ailleurs, j’interdis à quiconque de pénétrer dans le seul endroit qui m’appartienne sur Terre. Je suis resté tellement seul durant toutes ces années, que je suis devenu craintif, et puis cette crainte s’est transformée en souffrance, et cette souffrance est finalement devenue de la violence.

Pourquoi le soleil ne perce t-il jamais ce ciel opaque de ses blonds rayons pour moi ? Pourquoi une graine ne peut-elle germer sous mes pas ? Pourquoi je souffre et je hais quand un sourire s’esquisse sur le visage des autres ? Pourquoi ?...
C’est moi qui porte le fardeau des Soma ! Et je le porte seul ! Seul ! Seul !
Pourtant… Pourtant un jour ; à bout de force, oui, à bout ; je le vis, pour la première fois. Je l’aperçus, virevoltant dans les cieux toujours sombres, mon messager d’espoir au plumage blanc. Une hirondelle. Elle me parut alors si belle subitement. Majestueuse, toute en grâce. Pourfendant les airs suffocants qui me serraient, m’étouffaient. Sans même m’apercevoir, elle continua son vol. Mais elle me laissa un présent.
Une plume tomba de son aile gauche, retombant doucement, ballottée par les airs devenus soudainement paisibles et harmonieux. Je la suivais du regard, sans bouger, impassible. Et puis… en la suivant, mes yeux croisèrent une silhouette fine et élancée. Elle était de dos. Je ne voyais que de longs cheveux flottant au vent, mais je devinais un sourire éclatant. Mon sang ne fit qu’un tour. Une femme ! Une étrangère avait pénétré dans mon enceinte !
Mais yeux s’écarquillèrent ; mon visage se crispa. Mes mains devinrent rigides. Mais je ne pouvais bouger. Aucun mot ne put sortir de mes lèvres. Aujourd’hui encore je ne saurais l’expliquer. Toutes mes forces vitales m’avaient soudainement quitté ! Je la voyais, jouer avec un papillon, sûrement le dernier de la saison, caresser mes arbustes, sentir leurs odeurs enivrantes. Mais soudain. Soudain, elle se retourna brusquement. Je ne sais comment, elle sentit mon regard glacial se poser sur elle. Ses cheveux volèrent majestueusement et je vis son visage. A cet instant, il exprima la stupeur, la surprise d’une fillette prise en flagrant délit de gourmandise. Mais en pénétrant ici, elle ne soupçonna pas franchir le seuil des enfers et des tourments.

Elle abandonna le papillon. Ses doigts frôlèrent les plantes, ses pas s’enfoncèrent dans les sentiers de galets. Elle s’approcha de moi. Pauvre fillette ! Ne sais-tu donc vers qui tu t’avances ? Ne me connais-tu pas ? Je voyais ta jupe se plisser à chacun de tes mouvements, tes cheveux suivre la cadence de ton rythme. Maintenant, tu es là, devant moi. Que vas-tu me dire ? Ose. Fais-moi entendre ta voix. Fais vibrer ton timbre auprès de mes oreilles.

Elle : Vous devez être très doux et sensible pour avoir un jardin aussi merveilleux.

Tes yeux étaient si doux à cet instant. Tu ne pouvais me mentir. Trop de bonté et d’honnêteté s’affichaient sur ton visage. Comment peux-tu me dire cela ? Moi qui suis si froid et si haïssable. La première personne qui me dit des mots d’amour. Une étrangère que je n’avais jamais désirer. Je fus si étonné. Mon souffle se coupa. Malgré cette tendresse, comme un animal sauvage tu ne pouvais m’apprivoiser comme cela. Il te fallait encore beaucoup de patience et un témoignage d’amour véritable, sans tricherie. Car au premier faux mouvement, craintif comme une bête je t’aurais fui à tout jamais. Mais tu ne trichas pas.
Mais yeux redevinrent glacials et inanimés. Un sourire mesquin se dessinait sur mes lèvres.

Moi : Ah oui ? C’est ce que tu crois ? Hum…

Et je détournai le regard, sans lui prêter aucune intention.

Elle : Vous êtes très beau.

Ma tête me tourna subitement.

Elle : Votre beauté est glaciale et ténébreuse. Excusez-moi de m’être introduite sans votre consentement.

Elle s’inclina. Et partit. Je voyais sa silhouette s’effacer au loin, se fondre avec l’horizon. Je ne pus rien faire. Mes membres étaient paralysés. Ne pars pas…

J’étais de nouveau seul. Le vent continuait de souffler, les oiseaux de voler. Je levai les yeux au ciel : "hum quelle drôle de fille". Et je rentrai dans cette pièce si sombre. Seul.
Les premiers mots d’amour qu’on me dit. Et je les avais refusés. Mais comment m’en serais-je rendu compte dans ma prison de désespoirs et de malheurs ? Comment ?





Chapitre 2





J’oubliais bien vite cette rencontre. C’était le lendemain. Ce matin, le ciel sembla fort capricieux, sa couleur était d’un gris sale parfaitement hideux, avec quelques nuages plus sombres. La présence de l’automne se faisait de plus en plus lourde dans mon cœur. J’observais mes jardins de ma fenêtre, comme chaque jour, intarissablement. Je les connaissais par cœur. Eux aussi d’ailleurs, ils sont les seuls à m’avoir vu grandir. J’ai grandi avec eux. Il y a un arbuste plus petit que les autres dans un coin de mes jardins. Un autre ne donne des fleurs que tous les trois ans. Dans un des sentiers, les galets les plus proches de l’eau sont plus pâles que les autres et au coucher du soleil, lorsque que je le vois disparaître derrière l’arbuste le plus ancien, un voile doré se pose sur eux et les font éclater de splendeur. Un des nombreux poissons de mon étang aime s’endormir sous le reflet de la lune quand elle apparaît sur la surface paisible de l’eau, à ses premiers rayons.
Oui, je connaissais tous les détails de ces jardins. Rien ne m’échappait. Il n’y avait que cet endroit que je connaissais. Je savais plus de choses sur ces plantes et ces rochers que sur les Soma dont je suis pourtant leur chef. Quelle ironie ! Alors cette pimbêche qui admirait mes jardins hier, ce n’est sûrement pas elle qui m’intéressera ! Elle m’a trouvé beau. Quelle petite sotte ! Me le trouvera-t-elle encore si elle savait ce qui m’habite ?
Je me trouvais sur le pas de la porte maintenant. Je ne pensais à rien. Je regardais.
Elle : Excusez-moi.
Une voix troubla ma quiétude. Et je la connaissais. Mon cœur se mit à battre. Mais qui ose ? Mon regard se dirigea vers ce son.
*Silence*
Mon cœur s’arrêta. J’étais stupéfait. Une fois de plus, aucun mot, aucun geste ne se manifesta. Mon corps me trahit encore. Non. Pas question. Pas cette fois ; s’en est fini de ces réactions. Les premiers mots qui sortirent de mes lèvres furent :
Akito : Quoi ?! Encore toi ?! Mais qu’est-ce que tu veux ?!
Je n’attendis aucune réponse de sa part. Un sourire carnassier se dessina sur mes lèvres. Et j’ajoutais seulement :
Akito : Tu t’es perdue ma mignonne ? Ce n’est pas ici que tu trouveras un refuge…
Je descendis du pas de la porte. M’approchais d’elle lentement. Mon kimono glissa. Je la voyais regarder ma peau diaphane.
Akito : Attends, tu vas comprendre ma belle.
Je tendis ma main vers elle et la fit glisser sensuellement dans ses cheveux. Mais contrairement à ce que j’attendais, son regard devint doux et rassuré. Elle me mirait si intensément !
Akito : Tiens… comme c’est étrange…
Alors je passais mon autre main vers sa cuisse. Je la remontais doucement vers ses hanches. Elle ferma ses yeux et expira un léger souffle de satisfaction. Elle se laissait simplement guider ; en toute confiance. J’étais déstabilisé. Mais il fallait pourtant que je la provoque pour qu’elle ne revienne plus jamais.
Akito : Une brebis ne devrait-elle pas refuser les avances d’un loup ? Tu trembles ? Hum…
J’arrêtais le cours de ma main sur ses hanches. Et je lui pris le visage.
Akito : Regarde-moi.
Elle ouvrit enfin ses yeux. Ils étaient tout humidifiés. Et… pleins d’étincelles. Comment cela pouvait-il se faire ?
Akito : Regarde-moi mieux !!!
Ma colère rugit. C’était plus fort que moi. Ces caresses, cette voix paisible. Tout n’était qu’illusions. Maintenant, vois ma VRAIE personnalité. Regarde et admire la profondeur obscure de mon âme.
Akito : Ne vois-tu rien ? Ne vois-tu rien dans mes yeux qui t’effraie ?
Elle scrutait mon regard. Nos visages étaient très rapprochés. Aucune peur ne s’afficha sur son visage. Seulement une apparence sérieuse et concernée.
Akito : Alors… tu ne dis mot ? Hum… Tu es sûrement trop apeurée pour répondre. Pourtant, je n’en vois aucune trace sur ton visage. Mais réponds !!!!!!!! Tu vas subir mon courroux !!!
Mais… une larme ? Une perle ronde et brillante coula sur sa peau et s’écrasa sur ma main.
Elle : Je comprends maintenant la raison de votre beauté si glaciale.
Akito : (quoi ?)
Elle : Votre regard reflète la dureté de l’acier. Votre peau, la pâleur des neiges éternelles. Vous souffrez. VOUS ETES EN TRAIN DE MOURIR !!!
Akito : …





Chapitre 3





Et elle se blottit brusquement au creux de moi. Moi je tombai sur le sol. Elle, toujours dans mes bras. Je ne pouvais plus. Non.
Comment ? Comment ? Ses mots…
Mes yeux ne bougeaient plus. Ils fixaient le néant. Elle. Elle, elle pleurait dans mes bras, à demi couchée sur moi. Elle me serrait, me serrait. Mais rien ne me faisait mal. Au contraire. Elle me disait quelques paroles étouffées :

Elle : Mais ne croyez-vous pas que même les neiges éternelles peuvent fondre quand elles ont trouvé leur soleil ?


Nouveau choc


A cet instant, je perdis toute notion du réel. Ma raison, je crois qu’elle s’était égarée. Mon corps, effacé. Presque que tous mes sens disparurent à ce moment. La gorge nouée, plus de parole. Le corps crispé, plus de mouvements. Le souffle coupé, les senteurs de mes jardins ne m’exhalèrent plus. Ma vue était plongée dans le néant, je ne pus rien percevoir. Il n’y avait apparemment plus que mon ouïe qui fonctionnait encore. Le seul sens que je ne désirais pas auprès d’elle. Toutes ses paroles, ses mots ; ne faisaient que meurtrir ce qui restait de mon âme. Mais toujours rien. Rien ne se passe. Pourquoi ? Mais pourquoi ? Je crois qu’à ce moment, juste à ce moment, j’avais envie de pleurer. Pleurer ? Alors j’en étais encore capable ?

Akito : (Soleil ?) (C’est cet astre ? n’est-ce pas ? Cet astre que tout le monde glorifie sans cesse ? Mais moi je ne le connais pas. Il me brûle la peau, me fatigue les yeux. Je ne connais que l’astre de la nuit. Celui qui est méprisé par tous mais choisit par la déesse de la mort. Où les bêtes les plus sauvages et seules aiment lui chanter une complainte pour l’apaiser de sa solitude.) (Non. Vas t’en ! Disparaît de ma vue ! Tu ne pourras jamais comprendre ce que l’on ressent quand la Mort vous habite et que le Temps vous nargue.)

Je commençais à retrouver mes sens. Ma vue en premier. Alors je reconnus tes lèvres rosées qui me dirent auparavant ces mots si durs et qui ouvrirent malgré tout une brèche dans mon âme. Mais cette brèche sera-t-elle bénéfique pour moi ou m’emportera t-elle un peu plus vite vers les bras de la mort ? Je reconnus ensuite les parfums suaves de mes jardins. Mon odorat revint lui aussi. Mais une odeur m’embaumait et je ne la reconnaissais pas. Elle était douce et sucrée, comme le muguet au réveil du printemps, à l’épanouissement de la vie si longtemps endormie. Le symbole de la victoire du printemps sur l’hiver.

Akito : ah

Un son sortit de ma bouche. Il était faible mais je pus l’entendre. Je recouvris la voix. Alors maintenant je peux lui parler ? Oui. Je peux lui sortir mes cris de douleurs, de souffrance, de haine. Je peux le faire maintenant. Mais… rien ne sort. Rien !! Non !!!!!!! Pourquoi !!!! Mais pourquoi !!!!! Je veux lui faire peur, la chasser, l’exiler loin de moi !! Mais cette chaleur… Est-ce cela qui me retiens ? Moi qui n’est toujours connu que le froid glacial. Qui n’est ressentis que les cristaux de glace déchirant mon visage. Ces cristaux si beaux, étincelant comme du cristal, mais aussi tranchant et dangereux que leur beauté. Alors que cette chaleur m’enveloppe ; on dirait qu’elle me soigne. Mais qui est-elle ? Qui est-elle vraiment ? Je me sens si bien maintenant. Mais malgré tout, j’ai peur. J’ai peur d’elle, et de cette chaleur…
Je me sens bercé par cette douceur. Je fermai mes yeux. J’étais... bien. Oui. J’étais bien ! Je sentis mon bras bouger. Alors je compris que tous mes sens étaient enfin revenus. Je commençai à diriger ma main vers la sienne.


Akito : (Mais qu’est-ce que je fais ?)

Non ! Si… si j’approche cette chaleur de trop près, je me brûlerai ! Cette malédiction m’a exilé dans l’obscurité de la nuit et dans la froideur de l’austérité de l’automne. Mon destin est de souffrir, sans jamais vivre, et sans jamais mourir. Je dois la faire disparaître à tout jamais de mes yeux, et de mon esprit.

Mon visage retrouva ses traits de souffrance et de haine. Mes yeux, la lueur d’un assassin, d’un traqueur vers sa proie. Mes instincts animaux étaient revenus, mon semblant d’esprit humain s’envola. Par ma seule VOLONTE !!

Silence

Akito : VAS T-EN !!!! DEGAGE !!!!!!! NE REVIENS PLUS JAMAIS !!! TU ENTENDS ? PLUS JAMAAAAAAAIIIIIS !!!!!! AAAAAAAAAAAAAHHHHHHH !!!!!!!!!!

Oui. Je devins fou. Fou de rage. Fou de colère. Fou…
Je la bousculai soudainement de moi en retrouvant mes instincts d’animal sauvage. La bousculai violemment. Cette adrénaline qui montait en moi. Oui je la sentais. Une telle férocité m’habitait. Je suis intarissable chaque jour. Sans cesse entrain de regarder les jours, le temps, les saisons défiler devant mes yeux. Intarissablement. Alors qu’en moi grondent la colère et la force d’un puissant animal. J’aime quand plus rien en moi n’est d’humain. Oui j’aime ! Et puis ces mots bloqués dans ma gorge, noués, purent enfin sortir. C’était une véritable libération pour moi. Huumm ! Comme j’aime cette violence à l’état pure ! Brute et incontrôlable.


Akito *essoufflements* : Aff af af af …. pars. Et ne reviens plus jamais.

J’étais agenouillé. Fatigué par cette puissance lâchée si soudainement. Je la regardais péniblement. Je ne fis pas attention à cette lueur dans ses yeux. Ou du moins, j’essayais de l’ignorer. Ce n’est que maintenant que je comprends qu’elle fut choquée par cette attitude. Mais qu’avait-elle pu bien voir dans mes yeux qui l’avait tellement choquée et… terrifiée ?

Elle : (Ses yeux… ses… ses yeux…sont…rouges !! Mais…est-ce que ça voudrait dire que…)

Son regard se tourna vers moi. Il était empli de questions, d’incertitudes, de doutes. Mais qu’est-ce que tu te dis ? Qu’est-ce que tu penses ?
Et elle s’en alla. Sans un dernier regard pour moi. Un autre regard que celui-ci, pleins de questions interrogatrices et menaçantes. Elle s’était relevée avec vacillement, comme si elle était sortie d’un monde empli de lumière et entrait dans un monde dévoré par les ténèbres, sans couleurs ni sensations. Comme si elle venait d’entrer dans MON monde. En relevant sans corps qui semblait si lourd, ses mèches retombèrent lourdement sur elle. Alors qu’auparavant, ils virevoltaient si légèrement. Tout sur elle avait changé. Son aspect, son allure, tout. Elle n’était plus qu’un spectre. Et elle s’en alla…

Elle : (Ses yeux étaient rouges. Rouges…)

Et sa silhouette disparut au loin. Un spectre traversant mes jardins. Une âme sans but.
Je rentrai passivement dans cette pièce, toujours sombre. Toujours.





Chapitre 4





Trois jours passèrent. Elle n’était pas revenue. Je ne vis aucun signe d’elle, de sa présence. Pas de belle chevelure au vent flottant paisiblement et majestueusement. Pas de visage me scrutant sereinement, aucun regard plein d’amour me fixant. Pas de sourire. Pas de rire, aucun parfum de printemps. Rien. Et alors ? Pourquoi m’en soucierai-je ? C’est moi qui l’ai chassée.
Alors pourquoi ? Mais ce vide. Ce vide en moi. Qu’est-ce que c’est ? J’avais l’impression que quelque chose en moi était parti. Quelque chose d’important.
Je me tenais la tête dans mes mains. J’étais à genoux.

Akito : (Mais qu’est-ce qu’elle m’a fait ? Pourquoi est-ce que j’ai mal ? Mais qu’est-ce que tu m’as fait ?!!!!!!!!!!!) Aaaaaaaaahhhhhhhhh !!!!!!!!!!!!!!!
Un cri déchirant le silence pesant du jour. Mon cri. J’avais mal. Si mal. Mais pourquoi cette douleur ? Mais qu’est-ce qui se passe ?
Mais soudain. Une main douce et tiède se posa sur les miennes glacées qui tenaient ma tête.
Akito : hein ?
Je relevai ma tête doucement. Je me sentais apaisé. Et mes yeux rencontrèrent les siens. Ils étaient… doux… réconfortants… pleins de tendresse. Et je pus à travers eux, découvrir toute la miséricorde qui l’habitait.
Mais j’avais si mal. J’agonisais. Et je ne savais toujours pas pourquoi. Elle me regarda et moi aussi. Autant qu’on le pouvait. Autant qu’il nous était permis de le faire. Parfois, aucun mot n’est nécessaire pour se faire comprendre. Il suffit parfois d’un simple regard, d’un simple geste, pour que tout se décide.
Une larme…
Je souffrais tant. Et elle. Elle, rien qu’en posant sa main, rien qu’en me regardant, elle me réconfortait. Je ne pouvais rester aussi insensible et froid. Les glaces commençaient à fondre. Une larme glissa le long de ma joue. Elle était belle. Le soleil qui apparut derrière cette fille la faisait scintiller. Et elle continuait à glisser. Au moment où cette perle, ce bijou de sentiment allait disparaître en s’écrasant sur le sol, la jeune fille tendit son doigt si fin et la rattrapa.
Toujours aucune parole.
Elle me la montra. Elle la scrutait. Elle la fit resplendir à la lumière de l’astre. Maintenant, c’est moi qu’elle regardait.
Akito : (hein ?)
Elle aussi. Elle versa une larme. Elle me regardait toujours, en souriant. Je la voyais couler le long de son visage. Et elle la rattrapa. Et…elle mêla nos deux larmes. Elles se joignirent, fusionnèrent ensemble. Il n’y avait plus qu’une seule larme. Une seule et unique larme. Deux bijoux qui formaient maintenant un joyau. Un joyau si pur ; qui rassemblait à lui seul, tous les sentiments qui nous animaient l’un à l’autre. Des sentiments encore muets.
Elle : N’est-ce pas le plus beau joyau qu’il puisse exister ?
Cette voix. Oui. Ce son si doux et serein que je n’avais pas entendu depuis si longtemps. C’était bien SA voix. Comme cela me faisait du bien.
Elle : Vois comme il est beau. Vois comme le soleil le bénit de ses rayons. Je voudrais qu’il soit le lien entre nous. Le lien qui nous unisse. N’aie pas peur de mes propos. Laisse-toi guider par ton cœur et tu verras que…
Akito : … il est mort depuis bien longtemps. Mon cœur. Plus rien en moi n’existe. Tu l’as dit toi-même… je suis entrain de mourir. Laisse-moi dans mon monde de ténèbres et de glaces. Laisse-moi.
Sans un mot. Sans une parole ; elle posa délicatement la larme sur mes lèvres glacées. Quelle douce sensation. Mais je restais impassible. Elle continuait de me regardais et puis…
Akito : hum…
*battements de cœur*
Aucunes pensées.
Rien.
Néant.
Vide.
Noir.
Elle : Je m’appelle… Yakusoku.
Elle partit en courant ; avec le sourire aux lèvres et un regard plein de… promesses…
Aucune réaction ne se passa en moi. Et puis, après quelques secondes…
Akito: Ya-ku-so-ku. (Un baiser…Yakusoku ? Quoi ? att…attends !...)
Je réalisai enfin. Elle s’appelait Yakusoku. Elle venait de me donner un… un baiser. Quelle sensation surprenante et envoûtante.
Akito : (De la soie ? Du satin ? Non. C’était bien de la chair) Yakusoku. Yakusoku. Yakusoku. Quel plus beau nom pouvait-on lui donner ? Serait-ce elle ? Ma promesse ?...
J’étais encore perdu mais… mais je savais que tout irait bien maintenant. Je savais que mon instinct animal commençait à se détacher de moi. Ca me faisait peur c’est vrai. Mais, je savais qu’une chose bien plus belle m’attendrait. Il fallait donc maintenant oublier ce passé si lourd et si noir, et je savais qu’elle pourrait m’y aider. Qu’avec elle, tout se passerait bien. Et que pourquoi pas, je retrouverais un jour mon aspect humain si longtemps effacé par cette malédiction.
Le lendemain, le ciel était clair. L’astre du jour n’avait jamais était si éclatant. Comme s’il me souhaitait la bienvenue. Dans un nouveau monde. Un nouveau monde qui m’apporterait pleins de promesses. Je savais qu’elle viendrait aujourd’hui. Alors cette fois, tout se passera autrement. Tout se passera comme moi je le désirerai.





A suivre