Une nouvelle Vie par Taoundara





Résumé de Comment tout finira
:
Akito, le chef des Soma, est mort. Juste avant, les 13 Signes, accompagnés de Tohru Honda et Kazuma Soma, s’étaient rebellés contre lui, provoquant la fin de la malédiction.





Chapitre 1





La nuit est calme. La maison de Shiguré est endormie. Tohru est perchée sur le toit en nuisette légère. La brise douce et chaude fait voler ses cheveux.
Pensée Tohru - Cela fait un mois qu’Akito est mort... La famille Soma a quelque peu changé depuis. Mais malgré tout ça, je vis toujours ici, avec Kyo, Yuki et Shiguré. La vie est plutôt calme et sereine : il n’y a plus ce problème de transformation. C’est aussi plus simple au lycée : ils n’ont plus peur des filles...
Cette idée la fait sourire. Elle revoit encore la horde de fans poursuivre Yuki.
Pensée Tohru - Au moment où Yuki a invité Machi Kuragi, du conseil des élèves, à la fête de la semaine prochaine au temple de la ville, ça a été l’euphorie totale...
Après cette pensée joyeuse, son visage s’assombrit. Elle soupire et pose son menton sur ses genoux, toute recroquevillée.
Pensée Tohru - Akito san... Où qu’il soit, j’espère qu’il y est plus heureux... Sa vie auprès de nous semblait être un véritable fardeau...
Elle repense à ses dernières paroles, parlant des Signes du Juni-shi.
[Akito - Et moi je les déteste ! Je les ai toujours haïs !]
Pensée Tohru - Il semblait vraiment ne plus être attaché à qui que ce soit dans ce monde...
Elle lève les yeux au ciel et murmure.
Tohru - Maman... J’espère que toi tu pourras t’occuper de lui... là où moi j’ai échoué...

Alors qu’elle songe encore, le regard perdu dans le vide, elle n’entent pas Kyo qui monte à l’échelle et la rejoint sur le toit. C’est au moment où il pose sa main sur son épaule qu’elle revient à la réalité. Sa surprise est grande et elle sursaute de peur. Kyo fait de même et recule d’un pas.
Kyo - Qu’est-ce qu’il te prend de sursauter comme ça ? Tu m’as fait peur...
Tohru - Je... J’étais perdue dans mes pensées...
Il s’assoie près d’elle.
Kyo - Ces temps-ci, tu montes beaucoup sur le toit pour réfléchir...
Elle ouvre grand les yeux, étonnée, et recule sur les fesses, s‘emballant.
Tohru - Ah !!! J’empiète sur ta propriété ! Le toit, c’est ton endroit de prédilection, je te dérange !
Le Chat reste bouche bée à cette réaction. L’autre continue.
Tohru - Je ne te dérangerai plus, je m’en vais immédiatement, je suis désolée Kyo kun !
Elle s’apprête à se lever mais Kyo l’en empêche.
Kyo - Le toit n’est pas ma propriété ! Tu peux y venir aussi, je ne t’ai pas fait cette remarque pour que tu partes !
Tohru - Ah ?
Kyo - Je disais juste que tu y es souvent, c’est tout...
Elle redevient calme et se rassoit près de Kyo.
Tohru - J’aime bien venir ici, il y fait plus frais que dans ma chambre...
Après sa phrase, il y a un gros silence. Les deux adolescents sont gênés, tout rouges. Trouvant le silence pesant, le Chat se laisse glisser le long des tuiles et se couche sur le dos, les mains derrière la tête. Elle demande, trouvant le premier sujet de conversation qui lui vient.
Tohru - Tu es content, toi, pour la fête de la semaine prochaine ?
Le garçon se met à rire ce qui surprend Tohru.
Kyo - Quelle idée stupide ! Et dire que c’est le copain de Yuki qui a proposé ce jeu débile : les garçons préparent les stands de la fête et invitent les filles et ce sont elles qui préparent les kimonos du couple... Des kimonos assortis en plus !
Tohru est un peu triste qu’il pense ça. Il s’explique.
Kyo - C’est vraiment égoïste : les filles ont autre chose à faire que de la couture ! Qui aurait envie de passer du temps à faire des kimonos ? Ce Manabé est vraiment stupide !
Tohru balbutie.
Tohru - Mais pourtant ça peut être amusant... Et puis... Et puis c’est simple de faire un kimono... Yuki s’est même prêté au jeu...
Kyo - C’est bien ce que je dis : il n’y a qu’un débile pour se prêter à un tel jeu !
Elle le regarde, triste, et ils restent silencieux un long moment, contemplant les étoiles.

Lendemain

C’est le matin, Tohru range sa chambre. Yuki apparaît à sa porte, tout souriant.
Yuki - Honda san, je...
Il n’a pas le temps de finir sa phrase que Tohru devient rouge et pointe son doigt sur lui, le faisait pencher en arrière légèrement.
Tohru - Yuki kun ! Tu m’avais promis !
Il devient gêné et balbutie.
Yuki - C’est que... ça... me fait bizarre...
Il se concentre et dit avec difficulté.
Yuki - To... To... Tohru san...
Elle sourit, contente.
Tohru - Voilà ! Tu vois que c’est pas si difficile !
Elle prend un petit sac à dos en tissu et sort de sa chambre avec Yuki. Le garçon se justifie.
Yuki - Je ne suis pas habitué à être aussi familier avec vous... Mais je vais faire un effort pour vous faire plaisir.
Il descendent les escaliers et arrivent au salon.
Tohru - Au fait, où en est la fête ?
Yuki - Hier soir, ça avançait bien. Je pense qu’on sera prêt à temps. Comme ce sont les élèves de notre lycée qui s’occupent de l’organisation, je dois m’assurer que tout se passe bien...
Tout en enfilant ses chaussures, elle semble embêtée.
Tohru - Nous sommes en vacances et toi tu as beaucoup de travail...
Yuki - Ca ne me dérange pas... C’est ma dernière action en tant que président du conseil des élèves...
Il réfléchit et demande.
Yuki - Hon... Tohru san, quelqu’un vous a déjà invité pour la fête ? C’est dans trois jours...
Ils passent tout deux la porte d’entrée et elle répond en refermant la porte.
Tohru - Heu...
Elle hésite et murmure.
Tohru - Non, pas encore... J’ai l’impression que j’irai seule... Enfin, avec Hana chan et Uo chan qui non pas de cavaliers non plus...
Il est gêné et se met en route. Toru marche à ses côtés.
Yuki - Ca m’embête de vous savoir seule... Si j’avais su, je vous aurais invité moi...
Elle rougit et balbutie.
Tohru - Mais... mais non voyons... Vous avez bien fait d’inviter Machi Kuragi, elle semble gentille !
Il se met à rougir.
Yuki - Je voulais la remercier quelque part... Elle est différente des autres filles, j’ai l’impression qu’elle voit mon vrai moi...
Il réfléchit et ajoute.
Yuki - Elle me rappelle un peu vous... Bien qu’elle n’ait pas fait grand chose, sa présence est douce et rassurante...
Tohru sourit.
Tohru - Je suis content que tu ais trouvé quelqu’un de gentil.
Yuki - Trou... Trouvé ? Mais, heu... Machi kun et moi ne sommes pas ensemble !! C’est juste une amie !
Elle sourit malicieusement.
Tohru - Mais tu l’aimes bien, non ?
Yuki - Ou... Oui...
La jeune fille est aux anges et fait quelques pas devant Yuki, marchant à reculons.
Tohru - Ce serait tellement bien si les Signes du Juni-shi reprenaient une vie normale ! J’aimerais tant que tu tombes amoureux de quelqu’un et que cette personne t’aime en retour ! Et pareil pour les autres !
Il lève les yeux au ciel et regarde les quelques nuages blancs.
Yuki - Avoir une vie normale... C’était tellement impensable il y a à peine un mois que nous avons tous du mal à nous y faire... Je ne sais même pas si nous pourrons changer...
Tohru - Il y a déjà pas mal de choses qui ont changées : Isuzu san (Rin) elle s’est réconciliée avec Hatsuharu san.
Yuki - Et Shiguré ne travaille presque plus à la maison, il est en permanence au manoir avec Hatori...
Tohru - Il travaille mieux là bas d’après lui !
Pensée Yuki - C’est surtout qu’il y a plein de domestiques femmes qui tournent autour de lui et sont au petit soin...

Au même moment, manoir Soma

Shiguré est en effet entouré de deux femmes qui lui servent le thé avec des petits gâteaux sablés. Il est ravi, tel un enfant qui a un nouveau jouet. Hatori le regarde faire, découragé.
Pensée Hatori - Il ne grandira donc jamais...

Un peu plus loin, au centre de la propriété Soma, les domestiques réaménagent les anciens quartiers d’Akito. Tout est fait pour que le nouveau chef se sente à l’aise. Kuréno, le coq, regarde tous cette agitation depuis sa maison. Il serre son poing et fronce les sourcils, en colère.
Pensée Kuréno - On dirait qu’ils n’ont pas perdu de temps... Ils veulent remplacer Akito pour que leurs petites vies reprennent gentiment...
Il regarde la maison qui est située juste à côté de la sienne, dont tous les volets des fenêtres sont fermés comme pour protéger quelque chose.
Pensée Kuréno - Qu’ils fassent ce qu’ils veulent... Tant qu’ils ne la trouvent pas...
Il serre son poing encore plus fort et rentre chez lui, ne voulant plus assister à ce spectacle.

Note de l'auteur : La fête que le Lycée organise est inventée de toute pièce, je ne sais pas du tout si de telles choses sont faites au Japon à cette époque de l’année ^^





Chapitre 2





Tohru et Yuki arrivent enfin au temple où la fête va se dérouler. Les élèves travaillent d’arrache pied pour monter les stands de jeu et de nourriture. Ils retrouvent le conseil des élèves qui aident au mieux (oui, enfin presque...) : Kimi est toute excitée et montre son kimono à tout le monde, Naohito râle parce rien ne va comme il veut et se plaint à Kakéru qui n’en fiche pas une, comme à son habitude. Machi s’occupe des listes de courses à faire pour le stand de l’école. Yuki va la voir et Tohru, en retrait, le regarde faire.
Yuki - Tout se passe bien ?
La jeune fille, d’un calme exemplaire, explique.
Machi - Tout est normal : ils n’en font qu’à leurs têtes quand le président n’est pas là...
Il est gêné.
Yuki - Kakéru peut très bien s’en sortir sans moi, je ne suis pas irremplaçable... De plus, vu que je vais entrer à l’Université, vous devrez vous passer de moi...
Pendant qu’il parle, elle se lève et sort un bout de tissu bleu pâle avec des broderies vertes et dorées de son sac et le pose sur le corps de Yuki, le couvrant. Les filles du fan club de Yuki, qui les observent depuis le début, mitraillent mentalement la pauvre Machi. Yuki, de son côté, est rouge de gêne.
Yuki - Mais... Mais...
D’un ton calme, elle explique.
Machi - Vous m’avez invité... Je dois donc confectionner votre kimono comme Kakeru nous l’a dit. J’espère qu’il ne sera pas raté, c’est la première fois que j’en fais un moi-même...
Yuki - Ce n’est pas grave s’il n’est pas parfait...
Il prend le tissu dans ses mains et le regarde.
Yuki - Il est doux... Et la couleur est très jolie...
Tohru est attendrie par ce si joli couple. Elle s’approche d’eux et se courbe devant Machi. Les deux la regardent faire, étonnés.
Tohru - Occupez-vous bien de Yuki kun ! Et surtout, j’espère que vous le rendrez heureux, c’est vraiment un garçon gentil.
Elle les regarde toute souriante et s’en va joyeusement, ne se faisant plus de soucis pour la Souris. Yuki et Machi deviennent rouges comme des pivoines, comprenant très vite ce qu’elle vient d’insinuer..

Tohru rejoint Arisa et Saki qui travaillent sur des morceaux de tissu. Arisa a des épingles plantées un peu partout sur ses vêtements et crise.
Arisa - C’est pas possible !! J’y arriverai jamais, c’est pas un truc pour moi !
Saki, elle, d’un calme à toute épreuve, coupe le tissu qu’elle tient dans les mains, très sûre d’elle.
Saki - C’est pas compliqué, il suffit de suivre les instructions du manuel...
Arisa grimace en entendant son amie.
Pensée Tohru - Uo chan et Hana chan aimeraient bien que Kureno san et Kazuma san les accompagnent pour la fête... Kazuma san accepterait peut-être mais...
Elle fait sa tête décidée.

Pensée Tohru - Uo chan et Hana chan ont tant fait pour moi! J’irai parler avec eux ce soir même et j’essayerai de les convaincre !
Des flammes sortent de ses yeux, Saki et Arisa se regardent, perplexes. Tohru revient à la réalité et réalise qu’elle n’a pas encore vu Kyo.
Tohru - Kyo kun n’est pas avec vous ?
Arisa, reprenant laborieusement son travail, répond.
Arisa - Plusieurs filles ont essayer de se faire inviter par lui ce matin. Il en a eu marre et il est parti se cacher... Et je le comprends, elles sont devenues folle avec cette idée d’invitation !
Tohru réfléchit quelques secondes et murmure.
Tohru - Je vais voir où il est...
Elle s’éloigne et se promène au milieu des stand qui se montent. Elle trouve le Chat en compagnie d’une jeune fille qui est tout près de lui. Elle les épie.
Fille - Kyo, comme tu n’invites personne, je me suis dit que peut-être c’était que tu es timide et que tu n’oses pas faire le premier pas... Alors voilà, je t’invite moi ! Tu acceptes ?
Kyo est irrité.
Kyo - Je ne veux pas y aller ! Non c’est non ! Laissez moi tranquille bon sang ! Je ne veux pas passer une soirée avec une fille qui ne m’intéresse pas !
Il s’éloigne d’elle qui tente de le rattraper. Il recule d’un pas par réflexe, pas encore habitué à l’absence de transformation.
Fille - Alors il y a une fille qui t’intéresse mais que tu n’oses pas inviter, c’est ça ?
Kyo - Ca ne te regarde pas !
Tohru reste dans son coin, regardant Kyo partir vers d’autres garçons.
Pensée Tohru - Depuis que le Conseil des élèves a annoncé l’idée de cette fête, Kyo est de mauvaise humeur...
Elle reste pensive.

Fin d’après-midi

Tohru est dans la propriété Soma. Elle marche dans le jardin qui mène à la maison de Kuréno. Elle doute d’elle.
Pensée Tohru - J’espère que Kuréno san ne m’en voudra pas trop de lui parler d’Uo chan... Ah !! Et s’il l’avait oubliée !?
Elle réfléchit.
Pensée Tohru - Avant tout, je dois savoir ce qu’il pense d’elle ! Arisa ne doit pas plus penser à lui s’il ne ressent rien pour elle !

En tournant au coin d’une maison, elle tombe sur Kuréno qui discute avec Hatori et une femme. Celle-ci se montre insistante.
Femme - Hatori sama, il faut vraiment un nouveau chef au clan Soma, je vous en prie, acceptez !
L’homme est agacé mais courtois.
Hatori - Comme je vous l’ai déjà dit hier encore, je ne compte pas assurer ce rôle. Je sais que tous pensent que je suis le plus apte à remplir cette tâche, mais je refuse...
Devant le regard foudroyant d’Hatori, la femme se retire. Seuls, Kuréno et lui discutent.
Kuréno - Il faudra quand même trouver quelqu’un rapidement...
Hatori - Et bien ce ‘quelqu’un’ ne sera pas moi. J’aspire à la liberté !
Kuréno - On me l’a proposé à moi aussi mais j’ai refusé...
Kuréno, qui n’est pas habitué à parler aux autres Juni-shi, est assez mal à l’aise avec Hatori. Mais il semble faire des efforts pour rester le plus naturel possible. Shiguré, qui n’était pas loin, rapplique en larmoyant.
Shiguré - Ouiiiiin !! Moi personne ne m’a proposé d’être chef !!
Hatori lève les yeux au ciel et commence à marcher en direction de son cabinet médical tout en allumant une cigarette. Shiguré le suit.
Hatori - Personne n’est assez fou pour te laisser gérer autant de responsabilités...
Ils disparaissent dans une cour. Kuréno est alors seul. Tohru saisit l’occasion et s’avance vers lui, l’appelant pour attirer son attention.
Tohru - Kuréno san !
L’homme se retourne, surpris. Elle s’avance et fait semblant de le trouver à l’instant.
Tohru - Je suis contente de vous trouver ici ! Puis-je vous pose une question ou deux ?
Avant même qu’il ne réponde, elle continue.
Tohru - Dans trois jours, nous organisons la fête de la lune au temple. Et les filles confectionnent des kimonos pour les garçons qui les invitent.
Il se demande où elle veut en venir et fronce les sourcils.
Tohru - Je sais que vous m’avez dit que vous ne vouliez plus revoir Arisa Uotani mais je voulais savoir si c’était toujours le cas... Vous lui feriez tant plaisir en venant ! Et puis ce ne serait que pour une soirée, ça ne vous engagerait à rien...
Il va pour dire quelque chose quand elle ajoute.
Tohru - Et puis comme ça vous pourriez mieux faire connaissance et vous sauriez si vous voulez vraiment l’oublier ou non ! Et puis...
Voyant qu’il ne pourra pas en placer une, il lui coupe la parole.
Kuréno - Je ne compte pas la revoir, ça n’a pas changé !
Tohru ne se laisse pas faire, elle est très motivée.
Tohru - Mais ce ne serait que pour le jour de la fête !
Kuréno - Je ne veux plus entendre parler de cette fille et encore moins de cette fête...
Alors qu’elle veut insister encore, une voix appelle Tohhru.
? - Tohru san ?
Kazuma apparaît dans la cour où Toru et Kuréno se trouvent.
Tohru - Kazuma san !
Il les rejoint, Kuréno soupire. Il regarde Kazuma s’approcher d’eux en serrant son poing.
Kazuma - Vous parliez d’une fête ?
Tohru balbutie.
Tohru - Ou... Oui...
Il réfléchit.
Kazuma - Ah oui ! Celle que votre école organise pour le départ des troisième année ? Hatsuharu m’en a parlé il y a quelques jours... Ca me plairait beaucoup d’y aller...
Il n’en faut pas plus à Tohru qui lui saute dessus.
Tohru - C’est vrai ? Vous voudriez y aller ?
Kazuma - Oui ! Ce serait sûrement divertissant...
Les yeux de Tohru se mettent à briller.
Tohru - Alors vous accepteriez d’accompagner mon amie ? C’est Saki Hanajima, la fille qui a joué Cendrillon à la pièce de théâtre de cette année ! Elle aimerait beaucoup vous revoir !
Tout innocemment, Kazuma rougit, faisant sa petite tête d’enfant.
Kazuma - Oh, vraiment ? Ca m’embête un peu, ses amis penseraient qu’elle passe la soirée avec son père... Elle serait mieux avec un jeune homme de son âge, non ?
Tohru - Hana chan ne se soucie pas de ce genre de détail ! Et puis, c’est juste pour passer une soirée en bonne compagnie, ça lui ferait tant plaisir !
Kuréno, toujours là, regarde l’homme, intrigué.
Kuréno - Mais Hatsuharu m’a dit que les filles faisaient les kimonos, n’est-ce pas ?
Tohru - Elle sera ravie de faire votre kimono ! Elle insistera même ! Acceptez !
Elle réalise qu’elle s’est emballée, se calme soudainement et rougit tout en ajoutant.
Tohru - Enfin... S’il vous plait...
Il sourit et répond.
Kuréno - Alors ce sera avec plaisir !
Tohru - C’est vrai ?
Elle saute de joie. De son côté, Kuréno n’arrive pas à y croire.
Kuréno - A votre âge vous allez vous afficher avec une lycéenne ?
Kazuma lui adresse un grand sourire mais un regard assez sévère.
Kazuma - Cette demoiselle m’a fait une excellente impression. Et puis comme c’est une amie de Tohru san, je ne m’inquiète pas, je suis sûr que tout se passera bien.
Il lance un dernier regard à Kuréno et sourit à Tohru.
Kazuma - N’est-ce pas, Tohru san ?
Tohru - Oui, bien sûr !
Kuréno n’en croit pas ses yeux.
Kazuma - Par contre, il va y avoir un problème : comment votre amie va faire mon kimono sans savoir mes mensurations ?
Tohru se retrouve bouche bée, sans savoir quoi dire.
Tohru - Et bien... Je n’y avais pas pensé...
Kazuma rit tendrement.
Kazuma - Je dois parler à Kyo ce soir... Je te raccompagne chez Shiguré et tu prends mes mensurations là bas ? Cela te convient ?
Tohru - Oui ! C’est une super idée !
Kazuma - Alors pars devant, je vais chercher quelque chose au dojo et je te rejoins à l’entrée de la propriété Soma.
Tohru - D’accord !
Elle s’éloigne, toute contente, en oubliant même Kuréno. Avant que Kazuma ne s’en aille lui aussi, il adresse un dernier sourire au Coq.
Kazuma - Les maudits ont une chance inouïe que la malédiction soit levée... Surtout que nous ne savons pas si c’est définitif ou juste sur cette génération... Je trouve dommage que vous n’essayez pas d’en profiter...
Kazuma s’éloigne un peu et ajoute.
Kazuma - Surtout que cette Arisa doit vraiment avoir eu un coup de foudre pour vous... pour ne pas vous oublier si vite... C’est rare chez les jeunes...
A cette phrase, Kuréno ne dit rien. Il est pensif et revoit la jeune fille souriante. Puis son regard s’assombrit.
Pensée Kuréno - Kazuma... Il est intelligent et semble savoir pas mal de choses sur nous... Mais je crains qu’il ne sache pas l’essentiel... Ce n’est pas aussi simple que ça...





Chapitre 3





Chez Shiguré...

Kazuma et Tohru arrivent chez Shiguré. Le Chien est déjà rentré et ils discutent tous les trois. Tohru prend les mensurations de Kazuma et Shiguré n’arrête pas de les ennuyer.
Peu après, Yuki rentre. Mais étrangement, il n’est pas seul. Il discute avec quelqu’un en entrant.
Yuki - Il n’y a jamais personne en ce moment, nous serons tranquille...
A peine finit-il sa phrase qu’il entre dans le salon et voit Thoru, Kazuma et Shiguré. Il reste figé puis devient rouge de gêne. Apparaît alors Machi qui salue tous le monde.
Machi - Bonjour, je m’appelle Machi Kuragi, j’espère ne pas déranger...
Kazuma et Shiguré sont ravis.
Pensée Kazuma - Quelle jeune fille bien élevée !
Pensée Shiguré - Chouette ! Une nouvelle jeune et jolie lycéenne dans ma maison !
Tohru se lève et salue Machi.
Tohru - Enchantée de vous voir ici, Kuragi san !
Yuki est inquiet.
Yuki - Il y a un problème, Shihan*, pour que vous soyez ici ? (*professeur)
Ils s’assoient tous autour de la table : Shiguré en bout, Tohru et Kazuma d’un côté, près du couloir et Yuki et Machi de l’autre.
Kazuma - Non aucun, je suis juste venu parler à Kyo. En l’attendant, je discute.
Pendant que l’homme parle, Machi ne perd pas de temps : elle sort un mètre à couture et sa poche et mesure la longueur des bras de la Souris. Yuki est gêné. Shiguré les regarde faire, mort de rire. Machi explique.
Machi - J’aime quand les choses sont bien faites. Je voulais être sûre pour la longueurs des manches. Kakéru m’a dit que vous faisiez de l’asthme étant petit, je ne voudrais pas courir le risque que vous preniez froid.
Devant tant d’attention, Tohru est heureuse pour Yuki qui ne sait plus où se mettre.
Pensée Yuki - Voilà pourquoi elle voulait tant me voir après l’organisation de la fête...
Il dévisage la jeune fille qui note sur un bout de papier les informations recueillies. Elle le regarde à son tour.
Machi - J’ai fini. Je vous laisse en famille. Désolée d’avoir dérangé.
Yuki est très surpris qu’elle annonce ça alors qu’elle vient juste d’arriver. Tohru intervient.
Tohru - Vous ne pouvez pas partir comme ça, si vite ! Je vais faire du thé, asseyez-vous !
Tohru fonce jusqu’à la cuisine. Yuki la met à l’aise à son tour.
Yuki - Vous venez juste d’arriver... Buvez au moins un thé avec nous.
Machi - C’est juste que... les réunions familiales me mettent mal à l’aise...
Elle se rassoit et murmure.
Machi - Mais je ne veux pas être impolie et accepte le thé...
Yuki est pensif au moment où il l’entend parler de famille.
Pensée Yuki - Kakéru m’a dit qu’ils avaient des soucis familiaux... Il se peut même que ses crises en soient les conséquences de ces soucis...
Il la regarde ranger son bloc note dans son sac et poser ses mains sur ses genoux, mal à l’aise.

Un peu plus tard.

Kyo arrive à la maison à son tour, restant sans voix à la vue de Machi et Kazuma, et tous buvant un thé.
Kyo - Shishio ?
Kazuma - Bon retour Kyo !
Tohru se tourne vers le couloir à son tour.
Tohru - Bon retour Kyo kun !
Il pose son sac près de l’escalier et entre dans le salon, fixant Machi avec méfiance.
Pensée Kyo - C’est qui ? Une nouvelle amie à Tohru ?
Une fois qu’il est assis entre Kazuma et Shiguré, au coin de la table, son père adoptif explique.
Kazuma - Je suis ici pour te parler... Ou pour être plus précis, pour te faire une proposition.
Kyo - Une proposition ?
Kazuma - Oui, c’est cela... C’est peut être un peu soudain et tu as le droit de refuser mais...
Il regarde son fils avec anxiété tandis que celui-ci fronce les sourcils, se demandant de quoi il veut lui parler.
Kazuma - J’aimerais savoir si tu accepterais de revenir vivre avec moi à la maison...
A cette annonce, c’est la surprise générale (exceptés Machi, étrangère à tout ça, et Shiguré qui semble mystérieusement au courant). Kyo balbutie.
Kyo - Vous... Vous êtes sérieux ? Vous ne dites pas ça... pour plaisanter ?
Kazuma rit gentiment.
Kazuma - Bien sûr que je suis sérieux ! Je voulais que tu restes vivre ici pour que tu t’entendes mieux avec les autres. Maintenant que c’est chose faite, je ne vois plus aucune raison de te demander de rester ici si tu ne le souhaites plus.
Tous regardent Kyo qui est bouche bée.
Kazuma - Bien évidement, tu peux rester ici si tu préfères...
Kyo - Non... Non ! Bien sûr que je veux rentrer !
Il est heureux et regarde son père adoptif avec les yeux remplis de larmes de joie, la présence de Yuki ne le préoccupant pas le moins du monde. En compagnie de Kazuma, Kyo est comme un enfant attendri.
Kyo - C’est super ! Je pourrai rentrer quand ?
Kazuma - Et bien... Dans une semaine par exemple. Je suis en train de nettoyer la maison... Elle serait prête pour ton retour.

Alors qu’il se réjouissent de la nouvelle, Tohru quitte la pièce discrètement, sans un mot, et va s’asseoir sous le préau, pensive. Elle a le regard perdu dans le vide et entendre les rires de Kyo et Kazuma la fait souffrir.
Machi la rejoint, surtout trop mal à l‘aise au milieu de tous ces Soma.
Machi - Vous semblez assez triste que ce garçon s’en aille...
Tohru cache sa peine et répond naturellement.
Tohru - Oh non, pas du tout, je suis même très contente pour lui !
Machi - Pourtant...
Tohru voit que des larmes coulent inconsciemment le long de ses joues. Elle les essuie en vitesse mais d’autres coulent de plus belle. Tohru se justifie alors.
Tohru - Je... je suis triste parce que... la maison ne sera plus comme avant... Elle sera vide s’il n’est plus là, et... et...
Machi regarde, par la porte qui donne sur le jardin, toutes les personnes dans le salon.
Machi - Cette maison ne sera pas vide... Si vous êtes quatre à vivre ici, vous ne serez plus que trois. Les autres seront toujours là...
Tohru réalise ce que Machi lui fait remarquer.
Machi - Son départ semble vous affecter comme si tous partaient... Vous semblez beaucoup l’apprécier...
Tohru balbutie.
Tohru - Mais... Mais...
Machi - Ce serait dommage qu’il parte sans le savoir...
Tohru - Mais non ! Vous vous trompez !
Machi se lève et réfléchit, son visage toujours aussi calme.
Machi - Hier après midi, je faisais le tour des stands avec mon frère et je vous ai vu dans un coin du parc, seule, en train de faire un kimono. Et quand ce Kyo est arrivé vers vous, vous avez caché ce kimono...
Machi la fixe.
Machi - Pour que vous fassiez un kimono pour lui, c’est que vous vous attendez à ce qu’il vous invite, n’est-ce pas ?
Les deux filles se regardent. Toru est perplexe et va pour lui répondre quand Yuki arrive à son tour, le sac de Machi à la main.
Yuki - Machi san ? Voulez-vous que je vous raccompagne chez vous ? Je vois que toute cette agitation vous dérange...
Elle prend son sac.
Machi - Je peux rentrer seule...
Il s’avance vers le chemin qui mène à la sortie de la propriété.
Yuki - Je ne vais pas vous laisser partir toute seule comme ça... De plus, il n’y a rien d’intéressant à entendre ici...
Il se tourne vers Tohru.
Yuki - Je serai la pour se dîner, Toru san. A tout à l’heure.
Elle répond oui de la tête. Les deux filles se fixent une dernière fois, Machi la salue en se courbant respectueusement puis la Souris et elle s’éloignent de la maison.

La nuit.

Tohru est couchée sur son lit. Il est tard mais elle ne trouve pas le sommeil, troublée. Elle repense aux paroles de Machi.
[ Machi - Pour que vous fassiez un kimono pour lui, c’est que vous vous attendez à ce qu’il vous invite...]
Pensée Tohru - Pourquoi faire ce kimono ?
Elle regarde sur sa gauche et voit le fameux kimono pratiquement terminé, accroché sur un cintre.
Pensée Tohru - Est-ce que... j’aurais cru que Kyo... m’inviterait...? Pourquoi ?
Lorsqu’elle réfléchit, elle se souvient du jour de la fin de la malédiction au moment où elle avait rejoint Kyo dans le jardin abandonné.
[ Kyo - Quoi que je fasse... Je... Je tombe amoureux de toi, toujours plus chaque jour... ]
A ce souvenir, elle se met à rougir et se souvient à quel point ça lui avait fait plaisir qu’il lui promette de rester vivre avec elle.
[ Tohru - Je ne sais pas quels sont mes sentiments pour toi... Mais ce que je sais c’est que je veux continuer à vivre avec toi ! Alors je t’interdis de partir...
Kyo - Je promets... ]
Pensée Tohru - Je serai donc triste que Kyo quitte la maison ? Que... que va t-il se passer une fois les vacances finies...? Après la fête du temple ?
De toute la nuit, elle n’arrive pas à dormir.

Lendemain.

Tohru a donné les mensurations de Kazuma à Saki qui est aux anges et commence immédiatement la confection du kimono. Tohru, de son côté, n’arrête pas d’épier Kyo du coin des yeux, ses sentiments pour le roux étant confus.
La jeune fille est seule durant la pause déjeuner. Tous les stand de la fête sont montés et les élèvent s’occupent de leur décoration et de leur aménagement. De son sac à dos, un bout de tissu blanc dépasse. L’image de Kyo apparaît soudainement. Toru est perplexe.
Pensée Tohru - Suis-je stupide ? Pourquoi faire un kimono alors que personne ne m’a invité ? Et pourquoi... je pense à lui en le faisant ?
Elle se recroqueville sur elle même.

Au même moment, dans un collège de la ville.

C’est la pré-rentrée des classes. Hiro et Kisa sont cette année dans la même classe (Kisa a 1 an de plus qu’Hiro mais a redoublé) et entrent tout contents dans leur salle. Hiro est assis juste derrière elle. Avant que le professeur n’arrive, Kisa panique.
Pensée Kisa - J’espère que tout se passera bien... Hiro chan est avec moi mais... Je dois me montrer forte !

Le regard des autres l’intimide énormément. Hiro la regarde observer autour d’elle avec peur.
Pensée Hiro - Même si elle a repris confiance en elle depuis qu’on l’avait ignorée et qu’elle était devenue le ‘souffre-douleur’ de la classe, elle est assez méfiante et a du mal à s’ouvrir aux autres.
Il se motive.
Pensée Hiro - Quelle chance quand même que nos parents aient acceptés que nous soyons dans le même collège... Comme ça, quoi qu’il arrive, je la protègerai ! Il n’est pas question qu’une seule personne ici lui fasse le moindre mal.
Des éclairs sortent de ses yeux.
Pensée Hiro - Le premier qui fait une méchante remarque sur ses cheveux ou ses yeux, je le...
A ce moment là, un garçon s’assoit au bureau juste à côté de la petite Tigresse. Il fixe la fillette avec une certaine insistance. Cette attitude fait bouillir le Mouton de l’intérieur.
Pensée Hiro - Pourquoi il la regarde comme ça, lui ? Je vais le...!
Le garçon en question se penche discrètement vers Kisa et lui murmure tout timidement.
Garçon - Vos cheveux... sont jolis...
D’un même mouvement, Hiro et Kisa le regardent, étonnés. Le garçon ajoute d‘une voix très calme.
Garçon - Je suis content... de voir qu’il y a des gens intéressants cette année...
Voyant le professeur entrer, il murmure une dernière phrase.
Garçon - C’est quoi... votre nom ?
La petite fille répond tout bas.
Kisa - Je m’appelle... Ki... Kisa...
Le brun lui sourit timidement.
Garçon - Moi c’est... Mégumi Hanajima. On dirait... que nous sommes voisins pour l’année...
La fillette, plus en confiance, sourit.
Kisa - Oui...
Elle voit que Mégumi a une trousse avec Mogéta dessiné dessus.
Kisa - Oh ! Mogéta ! J’adore ce dessin animé !
Mégumi sourit.
Mégumi - Moi aussi...
Hiro est fou de rage devant ce spectacle.
Pensée Hiro - Oh non !! Un nouveau rival !!

Le petit frère de Saki semble lui aussi se rapprocher des Soma et se faire des amis... et des ennemis...





Chapitre 4





Le soir chez Shiguré.

Tohru rentre dans sa chambre et pose toutes ses affaires sur son bureau. Elle entend du bruit dans la salle à côté et va voir ce qu’il se passe. Elle trouve Kyo qui range ses vêtements dans un carton. Elle balbutie.
Tohru - Tu fais déjà tes cartons ? Je croyais que tu partais que dans une semaine !
Kyo se retourne, surpris, se pensant seul.
Kyo - Shiguré est trop heureux de récupérer cette salle, il va y mettre tous ses livres... Alors j’amène déjà mes affaires chez Shishio...
Il soupire et ajoute en pliant un pantalon.
Kyo - Ca a l’air de faire plaisir à tous le monde que je débarrasse le plancher ! Tsss, Shiguré pourrait attendre que je sois parti pour la réaménager cette...
Il se retourne et voit que Tohru a disparu. Kyo reste sans voix.

Lendemain, journée de la fête.

Dans la cuisine, Tohru prépare les bentos de tous le monde. Yuki arrive le premier, déjà habillé.
Yuki - Bonjour Toru san.
Tohru - Bonjour Yuki kun !
Il vient sentir l’odeur alléchante des bentos.
Yuki - Vous avez préparé tout ça ce matin ?
Tohru - Oui...
Il remarque son air triste.
Yuki - Qu’y a t-il Toru san ? Quelque chose vous préoccupe ?
Elle pose le plat de riz sur la table et explique, voulant se confier plus que jamais.
Tohru - Shiguré n’est presque plus ici, Kyo s’en va... On n’en parle jamais mais... Mais moi aussi je dois partir...
Yuki - Rien ne vous y oblige ! Vous êtes ici chez vous !
Elle secoue la tête pour dire non.
Tohru - Je ne peux pas dépendre de la famille Soma plus longtemps.
Elle baisse la tête.
Tohru - J’avais fini par l’oublier, tant être ici est agréable... Maintenant que je le réalise, ça me rend triste...
Ne voulant pas l’inquiéter, elle se ressaisit et lui sourit.
Tohru - Mais ce n’est pas grave, tout ira bien pour moi ! Il faut toujours aller de l’avant ! Surtout ne sois pas inquiet pour moi, je m’en sortirai ! Et puis, je pourrai rencontrer plein de nouvelles personnes comme ça !
Elle lui passe un des bentos qu’elle a emballé.
Tohru - Maintenant, ne te mets pas en retard, vas-y ! La fête a besoin de son président !
Voyant l’heure, Yuki prend le bento et ajoute.
Yuki - D’accord... Nous reparlerons de tout ça ce soir...
Tohru - D’accord ! Bonne journée !
Hésitant à la laisser seule, il quitte la maison sans se presser, au cas où elle veuille se confier plus. Ne la voyant pas réagir, il s’en va. Shiguré prend lui aussi son bento et quitte la maison. Il ne reste plus que le bento à Kyo qui semble toujours dormir.

Elle va s’occuper de la lessive. Alors qu’elle s’assure qu’il n’y a plus rien dans les poches des affaires des garçons, elle tombe sur un papier plié.
Pensée Tohru - Bizarre... C’est une veste à Yuki, normalement, il prends toujours soin d’enlever tout de ses poches...
Elle ouvre le papier et voit que c’est une petite brochure de l’Université que Yuki va intégrer. Dessus, il y a les dates d’inscription qui datent d‘une semaine.
Pensée Tohru - Sur la brochure, ils disent qu’ils acceptent les élèves seulement par dossier... Yuki sera pris de suite avec ses excellent résultats...
Elle reste statique et fixe le papier.
Pensée Tohru - Qu’est-ce qu’il m’arrive...? Pourquoi je me pose toutes ces questions ? Je... Je ne me réveille donc qu’aujourd’hui pour réaliser... que tout change...?

L’après-midi.

A la propriété Soma, Shiguré se ballade dans les jardins. Il tourne par loin de la maison de Kuréno qui le regarde faire, sur le qui-vive.
Pensée Kuréno - Lui aussi le sait... Je ne sais pas comment mais ce Shiguré en sait plus que ce qu’il veut bien dire... Je suis inquiet... Et s’il le disait...? Ils la trouveraient...
Cette idée le fait paniquer et il sort de la maison. Shiguré le voit à son tour, sourit, puis s’éloigne mystérieusement sans un mot.
Pensée Kuréno - Je n’aime pas ça ! Vraiment pas... Il n’est pas question que tout recommence comme avant... Et qu’elle souffre comme lui !

Au même moment chez Shiguré

Kyo, un carton dans les mains, descend l’escalier, le pose dans l’entrée à côté de deux autres et remonte à l’étage. Au moment où il passe devant la chambre à Tohru, il entend des soupirs et quelques sanglots étouffés.
Pensée Kyo - Oy ? Je pensais qu’ils étaient tous partis... Tohru a encore oublié quelque chose, elle toujours tête en l’air...
Il ouvre la porte et demande.
Kyo - Tohru, qu’est-ce que tu fais...
Il la voit couchée sur son lit, en pyjama et finit sa phrase très hésitant.
Kyo - ...encore ici...?
Elle ne réagit pas ce qui intrigue encore plus Kyo qui entre dans la chambre. Il se penche près d’elle et murmure.
Kyo - Tohru ? Tu es malade ?
La jeune fille bouge lentement les yeux vers sa droite, voit des yeux rouges, puis réalise tardivement que c’est Kyo. Le sentir si près d’elle la fait rougir et bondir sur son lit.
Tohru - K... Kyo kun ?!? Qu... Qu’est-ce que tu fais là ?
Kyo - C’est à toi que je le demande... Toi qui voulai tant aller au temple aujourd’hui, pourquoi t’es toujours là ?
Elle baisse les yeux.
Tohru - Je... Je n’ai plus envie d’y aller...
Kyo - Ah ?
Elle se lève de son lit et demande.
Tohru - Et toi, Kyo kun, tu n’y vas pas ?
Kyo - Ah non alors... J’ai assez vu leurs tête durant l’année, j’ai pas envie de la voir en plus APRES l’année... Et puis faut y aller en kimono et ça j’ai pas envie du tout !

Au visage de nouveau triste de Tohru, il s’inquiète.
Kyo - Mais qu’est-ce qu’il se passe bon sang, Tohru ? Ca fait plusieurs jours que t’es bizarre... Il y a quelque chose qui te tracasse ?
Tohru - Je... Je...
Elle s’apprête à se confier mais change d’avis à la dernière seconde.
Tohru - Je vais bien, ne t’inquiète pas...
Voyant qu’elle veut sortir de sa chambre et ainsi éviter la discussion, Kyo lui bloque le passage.
Kyo - Ca ne marche pas avec moi, Tohru... Dis-moi ce qu’il y a.
Elle ne répond pas. Kyo soupire.
Kyo - Quand Yuki nous annonce cette idée de fête, tu es surexcitée, choisissant pendant des heures le tissu que tu vas utiliser pour ton kimono dans la boutique d’Ayamé... Et aujourd’hui, tu ne veux plus y aller ?
Elle balbutie.
Tohru - J... Je...
Il pose soudainement sa main sur le front de la jeune fille et attend un instant. Ce geste la fait rougir.
Kyo - Tu n’as pas l’air d’avoir de la fièvre pourtant...
Tohru - Je ne suis pas malade...
Elle recule d’un pas afin que la main de Kyo ne la touche plus.
Tohru - Je suis juste très pensive ces jours-ci... Ton départ...
Il la regarde, étonné.
Tohru - Ton départ me rend triste...
Kyo grimace.
Kyo - Je ne vais pas si loin et en plus on se verra à l’Université presque tous les jours...
Il ajoute en marmonnant.
Kyo - Dire que Shishio m’a inscrit dans la même Université que Yuki, soit disant pour continuer ma socialisation... Pfff... Ne parlons pas du fait qu’on aille dans celui où il y a déjà Rin et Kagura...
Tohru - Non... On ne se verra pas...
Leurs regards se croisent pour la première fois. Toru continue d’expliquer avec une voix résignée et triste.
Tohru - Je ne me suis pas inscrite à l’Université... Et je ne compte pas rester vivre chez Shiguré plus longtemps... Au moment où tu partiras, je m’en irai aussi. Je chercherai un appartement...
Kyo panique.
Kyo - Mais... Mais pourquoi ? Pourtant tu...
Il arrête sa phrase et réalise qu’en effet elle n’avait jamais parlé de sa rentrée à l’Université. La chose à laquelle elle pensait c’était la fête d’aujourd’hui, jamais plus loin dans le temps. Kyo est confus.
Kyo - C’est absurde...
Tohru - Je ne peux pas me le permettre... Et puis c’était décidé depuis le début comme ça...
Elle tente une fois de plus de quitter la pièce, sentant les larmes lui monter aux yeux mais il l’en empêche encore.
Kyo - Pourquoi j’ai l’impression que depuis avant hier tu m’évites ?
Tohru - Non, non tu te trompes !
Elle rougit de plus belle et devient complètement gênée.
Kyo - J’ai dit ou fait quelque chose de particulier ?
Il baisse son regard vers le sol, ennuyé.
Kyo - Tu sais, il ne faut pas croire tout ce que je dis... Quand je suis en colère, je dis n’importe quoi... Des choses que je ne pense pas forcément... Alors, si c’est à cause de moi...
A cette phrase, Tohru reste bouche bée, repensant à ce jour là.
[ Kyo - Quoi que je fasse... Je... Je tombe amoureux de toi, toujours plus chaque jour... ]
Elle fait un sourire amer et murmure.
Tohru - Pourquoi... suis-je aussi stupide ? Je suis désolée de râler devant toi ainsi... J’aurais du comprendre plus tôt...
Kyo fronce les sourcils.
Tohru - Je suis tellement naïve...
Elle se donne une petite tape sur le front. Kyo est de plus en plus perplexe.
Kyo - De quoi tu parles ?
Elle se met à sourire, se trouvant stupide.
Tohru - J’ai cru ce que tu m’as dit le jour où Akito est mort... J’aurais du comprendre que c’était juste que tu étais en colère... par ce qu’il s’était passé avant...
Kyo - ???
Tohru - Avant de commencer ce kimono, j’aurais du te demander...
Il se met à réfléchir pour comprendre de quoi elle parle. Ses souvenirs reviennent peu à peu. Il parcourt rapidement la journée de la mort d’Akito : leur dispute houleuse, tous les signes qui le défendent, lui qui s’en va dans un jardin et Tohru qui le rejoint. Sa mémoire s’arrête au moment où il devient rouge de confusion. Ses paroles lui reviennent.
Kyo - Ce que je t’ai dit...?
Elle le met à l’aise.
Tohru - Oh, ce n’est pas grave, c’est oublié...
Il repense à ces derniers jours où dès qu’il s’approchait d’elle, elle cachait quelque chose dans son sac à dos. Il le saisit et sort deux grands kimonos blancs avec des décorations vertes.
Il se revoit alors dans la boutique d’Ayamé avec Tohru, deux semaines plus tôt.
[ Tohru - Quelle est ta couleur préférée pour les kimonos ?
Kyo - Moi ? Blanc !
Tohru - Blanc ?
Kyo - Je déteste les rayures et les froufrou inutiles. Et en blanc ça me rappelle mon kimono de karaté. C’est moins moche et je me sens moins stupide... J’aime le noir aussi pour les mêmes raisons...
Tohru - Blanc ? C’est joli aussi ! ]

Kyo revient au présent Il dévisage Tohru qui ne sait plus où se mettre. Il balbutie.
Kyo - Tu as fait ce kimono... pour moi ?
Elle n’ose plus le regarder.
Tohru - C’est pas grave, peu importe...
Il n’attend pas plus longtemps et enlève sa chemise devant Tohru au bord de l’évanouissement. Il enfile ensuite le kimono du mieux qu’il peut.
Tohru - Qu’est-ce que tu fais Kyo kun !?!
Kyo - Je tente de mettre ce truc...
Il galère un peu et réussit, constatant qu’il est pile à sa taille.
Tohru - C’est gentil... mais tu n’es pas obligé...
Elle repense à ce qu’il a dit à une fille.
Tohru - Je sais que tu ne ‘veux pas passer du temps avec une fille qui ne t’intéresse pas’...
Il n’ose plus la regarder, se tourne vers le mur et râle affectueusement.
Kyo - Si tu ne te dépêches pas d’enfiler ton kimono, on n’est pas prêt d’arriver à la fête...
Elle reste statique un moment puis s’habille en vitesse. Pendant ce temps, il enlève son pantalon maintenant inutile avec le kimono long. Après un long silence, il murmure.
Kyo - Je... Je n’étais pas en colère à ce moment là...
Il entend qu’elle a fini d’enfiler son kimono et se retourne : le blanc lui va à ravir et elle a un bandeau vert assorti dans les cheveux. Il ajoute.
Kyo - Je... J’étais sincère.
Ils baissent les yeux vers le sol en même temps au moment où leurs regards se croisent. Voyant qu’elle ne bouge plus, il fait un pas vers elle, lui prend la main et la tire derrière lui, balbutiant avec maladresse.
Kyo - Bon... on y va maintenant... On... en parlera plus tard...
Elle répond par un petit bruit d’approbation, le sourire aux lèvres.





Chapitre 5





Kyo et Tohru arrivent au temple. Leurs kimonos assortis les font rougir dès que les gens les regardent mais ils s’aperçoivent vite que c’est pareil pour tous.
Au bout d’un moment de marche -mais surtout de silence- Kyo voit Kazuma en compagnie de Saki et avec des kimonos similaires très sombres. Il n’en revient pas et veut intervenir quand Arisa t’attrape par le col du kimono.
Arisa - Ah non ! Il n’est pas question que t’embêtes Hanajima !
Kyo - Mais elle est avec mon père, je vais pas laisser faire ça !
Tohru s’en mêle.
Tohru - Mais c’est juste comme ça ! Hana chan l’aime bien, elle ne lui fera rien.
Les regards de Kyo et Tohru se croisent et ils deviennent gêné. Kyo balbutie.
Kyo - B... Bon, d’accord...Mais si elle tente quoi que ce soit...
Tohru ne l’écoute plus. Son regard a été attiré par les jolies peluches d’un stand de tir.
Tohru - Oh !! Que c’est mignon !
Kyo lève les yeux au ciel et sourit. Puis il rejoint la jeune fille au stand, saisissant une des carabines posées sur le comptoirs. De sa voix maladroite, il demande.
Kyo - Bon... Tu veux laquelle ?
Tohru en montre une tout en haut de l’étalage (NdT : plus c’est haut, plus c’est difficile ou long de les obtenir).
Tohru - Elle est mignonne celle-là !
Il paye le vendeur du stand et commence à tirer sous les encouragements de Tohru.
Yuki et Machi, qui se baladaient en compagnie d’Haru et d’Isuzu (Rin), rejoignent Arisa.
Yuki - On dirait qu’ils ont enfin décidé de venir.
Arisa hoche la tête.
Machi - C’est ce que vous vouliez, n’est-ce pas ?
Arisa sourit malicieusement.
Arisa - J’ai cru que ça n’arriverait jamais... Faut dire que Kyon-Kyon n’est pas dégourdi et Tohru idem... Merci de votre aide, Kuragi san.
Elle lui fait une petite courbette et s’éloigne vers Saki qui lui fait de grands signes. Yuki regarde Machi étonné.
Yuki - Aidé ?
Machi - Elle m’a demande de faire passer un mot.
Haru se rappelle.
Haru - Tous les garçons ont reçu la consigne de ne pas inviter Honda Tohru.
Machi - Ses amies voulaient que ce soit votre cousin qui le fasse apparemment, le message ne devait pas remonter jusqu’à ses oreilles...
Yuki lève les yeux au ciel.
Yuki - Heureusement qu’elles l’ont aidé, ce stupide Chat en aurait été incapable seul... Il a trop de chance...
Le petit groupe de quatre continue la visite du parc du temple.

Arrive à ce moment là un petit groupe de collégiens. Ils sont habillés de kimonos eux aussi et s’extasient devant tous les stand de jeu pour enfants. Il s’agit de la classe de Kisa et Hiro. La jeune fille regarde un peu partout, admirative, pendant qu’Hiro ne cesse de critiquer à tout bout de champ, bras croisés.
Kisa - Hiro chan ! Regarde ça c’est joli !
Hiro - Ils auraient quand même pu mieux arranger ces stands... On voit que ça a été fait par des amateurs, je me demande même si c’est aux normes de sécurité, on sait jamais ça pourrait être dangereux et puis la nourriture, comment savoir si c’est bien conservé et pas toxique ? Quant à...
Il regarde autour de lui et voit que Kisa a disparu. Il la cherche partout au milieu des autres élèves et la retrouve discutant sur un banc avec Mégumi, une énorme sucette rouge à la main, Kazuma et Saki. Hiro les rejoint en vitesse.
Pensée Hiro - C’est pas possible !! Je la laisse seule trente secondes et elle disparaît ! Et voilà qu’elle est avec ce... ce...
Il arrive à côté d’eux et est accueilli par le sourire de Kazuma.
Kazuma - Hiro kun ! Te voilà !
Hiro est fou de rage.
Hiro - Kisa ! C’est dangereux de te promener seule comme ça ! Tu aurais du rester près de moi !
Mégumi le fixe, le regard noir mais pas méchant.
Mégumi - Kisa san voulait une sucrerie... Nous sommes allé à un stand pour en acheter une...
C’en est trop pour Hiro.
Pensée Hiro - K... Kisa ? Comment ose t-il l’appeler par son prénom !?!
Mais son énervement s’estompe quand Kisa lui tend sa sucette, timide.
Kisa - Hiro chan... Tu en voulais une toi aussi ? Si tu veux je te donne la mienne...
Il est tout gêné.
Hiro - Hmm... Non, non, garde la...
Ils se sourient, affectueusement. Saki et Kazuma les laissent tranquilles. Hiro demande tout en s’asseyant à coté de Kisa.
Hiro - C’est qui la fille avec Kazuma dono* ? (*maître de Dojo -je crois-)
Mégumi - Ma grande sœur.
Pensée Hiro - ...J’aurais du m’en douter, la ressemblance est frappante...
Mégumi - C’est difficile à croire, je sais qu’on ne se ressemble pas du tout...
Le Mouton écarquille les yeux à cette remarque pendant que Kisa continue sa sucette, toute heureuse de sa soirée.

Un peu plus tard dans la soirée

Tohru se ballade avec une énorme peluche de panthère noire dans les bras d’au moins un mètre, tellement grande qu’elle a presque du mal à voir devant elle. Kyo est à ses côtés.
Kyo - Tu es sûre que tu veux la porter ? Elle est encombrante, je peux la prendre...
Elle frotte sa joue contre les poils doux de la peluche.
Tohru - Non, je l’adore, je ne veux plus la quitter !
Cela fait sourire le Chat. Au bout d’un moment, Tohru regarde autour d’eux et se rend compte qu’ils ont tant marché dans le parc qu’ils se sont bien éloignés de la foule. Elle propose alors.
Tohru - Il y a un étang ici ! Tu veux bien qu’on aille voir la lune se refléter dedans ?!?
Il accepte facilement, voyant à quel point ça a l’air de lui faire plaisir.

Au bord du lac

Un petit ponton en bois amène les gens juste devant l’étang où en effet la lune se reflète. L’endroit est calme, il n’y a personne à part eux deux.
Kyo est assis au bout du ponton, les jambes suspendues au dessus de l‘eau. Tohru, elle, est couchée sur le côté, la main dans le vide tentant de toucher l’eau. La peluche est derrière elle, gentiment posée au milieu du ponton. Kyo regarde Tohru qui penche dangereusement. Il s’inquiète.
Kyo - Tohru... Tu vas finir par tomber si tu te penches trop...
Avec sa petite voix, elle lui répond.
Tohru - Mais non...
Elle trempe ses doigts dans l’eau et un bout de son kimono commence à tremper à son tour. Kyo est de plus en plus inquiet.
Kyo - Tohru...
Tohru - Je fais attention, je ne vais pas tomber, je...
Elle n’a pas le temps de finir sa phrase qu’elle perd l’équilibre et atterrit dans l’eau les quatre pattes en l’air, les yeux écarquillés par la surprise. Comme il n’y a que trente centimètres de haut, Tohru n’est qu’à moitié mouillée. Kyo ne peut empêcher un petit rire.
Kyo - Je t’avais prévenue pourtant...
La fille se relève et se met à rire de bon cœur.
Tohru - Je suis toute mouillée maintenant...
Elle fait quelques pas dans l’eau et tente de se mettre là où se reflète la lune. A cet endroit, il y a un peu plus d’eau, jusqu’à ses genoux. Elle dit tout heureuse.
Tohru - L’eau est bonne ! Elle est très chaude !
Le Chat est étonné.
Kyo - Mais qu’est-ce que tu fais ? On ne se baigne pas dans l’eau d’un temple !
Elle se met à tournoyer sous le reflet de la lune en riant. Ses longs cheveux volent tout autour d’elle tout comme les longues manches de son kimono.
Tohru - C’est très amusant ! Ah ! Ah ! La lune éclaire tout autour de l’étang !
Kyo grimace.
Kyo - Tohru, reviens ici, tu serais capable de retomber...
Voyant qu’elle tourne encore sur elle-même, il se jette à l’eau à son tour et va la chercher. Pensant qu’il vient goûter l’eau lui aussi, elle va vers lui en courant, éclaboussant le Chat.
Kyo - Tohru... Tohru... Doucement, tu sais que je n’aime pas l’eau...
Elle se calme et avance plus lentement. Au moment où ils sont l’un près de l’autre, Kyo approche sa main du visage de Tohru et lui envoie de l’eau. Elle reste statique, surprise, et voit qu’il est tout heureux de l’avoir mouillé. Elle le poursuit quelques mètres.
Tohru - Kyo ! Tu vas voir !
Il sourit puis se fait éclabousser par Tohru. Il est trempé de partout.
Kyo - Non pas ça Tohru !
Il se rend en levant les bras tout en esquivant les dernières gouttes.
Kyo - Je me rends ! Je me rends !
Ils se mettent à rire de leurs bêtises et Kyo lui prend la main pour la ramener sur le ponton. Il dit, encore riant.
Kyo - Bon allez, ça suffit... On va se sécher et on rentre...
Mais il voit qu’elle ne le suit pas et que son visage est plus triste.
Kyo - Qu’est-ce qu’il y a ? Tohru, tu t’es fait mal quelque part ?
Mais à sa grande surprise, elle se laisse tomber vers lui, son front sur son épaule, et se met à pleurer, énormément, de plus en plus fort. Il ne sait plus quoi faire, ni penser. Il panique.
Kyo - Tohru ! Tohru ? Tu sais que je ne supporte pas... quand tu pleures...
Mais elle ne s’arrête pas.
Pensée Kyo - Dès que je la vois pleurer, je suis attendri malgré moi...
Il devient tout doux et la repousse légèrement pour qu’elle le regarde.
Kyo - Dis moi ce qu’il y a...
Elle renifle et explique entre deux pleurs.
Tohru - Je... je ne veux pas être séparée des Soma... C’est encore pire que la première fois quand je suis retournée vivre chez mon grand père... Hana chan va à l’Université, Uo chan commence son travail à temps plein dans trois jours et moi je... Je ne verrai plus personne...
Elle pleure toujours.
Tohru - Je crois que je me suis trop reposée sur vous... Je ne sais même pas si je serais capable de vivre seule à présent... Votre présence est si chaleureuse et importante pour moi... J’ai eu tellement de chance !
Ressentant sa peine, il est très triste et la serre contre lui. Pour la première fois de sa vie, il tient la fille qu’il aime contre lui. Ils sont au milieu de l’étang, juste au dessous des rayons de la lune et elle pleure contre lui pendant qu’il lui caresse les cheveux.

Tohru se calme un peu et sanglote. Kyo réfléchit et lui demande.
Kyo - Tu es sûre que tu ne t’es pas inscrite à l’Université, Tohru ?
Elle répond en reniflant.
Tohru - Oui... je n’ai... préparé aucun... dossier d’entrée...
Il semble embêté et murmure.
Kyo - C’est donc pour ça qu’il m’a demandé de ne rien te dire...
Tohru - Hein ?
Il hésite et dit en soupirant.
Kyo - J’ai promis mais puisque tu pleures...
Elle se dégage un peu de lui et le regarde.
Kyo - Lorsque je suis allé m’inscrire avec Shishio, Shiguré était là lui aussi. Il inscrivait Yuki à la place de ses parents... et toi aussi... Il ressortait de l’entretient et a dit que tes résultats n’étaient pas merveilleux mais qu’ils t’acceptaient devant les recommandations de tes professeurs de lycée... J’étais persuadé qu’il te l’avait dit...
Les yeux de Tohru s’ouvrent en grand, elle est émerveillée.
Tohru - Shiguré san a fait ça !?
Elle réalise.
Tohru - Alors ça veut dire que je vais à l’Université moi aussi ?
Kyo - Apparemment oui...
Ses larmes arrêtent de couler et un sourire timide se dessine sur son visage.
Tohru - C’est super ! Je vais pouvoir vous revoir tous les deux !
Ses yeux se mettent à briller.
Tohru - Il faut absolument que je rapporte des chocolats à Shiguré san pour le remercier ! Il est si gentil d’avoir fait ça pour moi !
Elle se dirige vers le ponton pour sortir de l’eau mais Kyo lui retient la main et la tire vers lui. Il est tout intimidé mais murmure.
Kyo - Je dois le faire pendant que je m’en sens encore le courage...
Il passe sa main dans les cheveux de Tohru et s’approche doucement d’elle. D’un mouvement doux et tendre, le jeune couple s’embrasse et reste ainsi, l’un contre l’autre.





Chapitre 6





Cachés derrière les buissons qui entourent l’étang, Arisa, Saki et Kazuma les observent avec attention. La bande est surexcitée.
Arisa - Ouais ! C’est pas trop tôt !
Kazuma - Ils sont adorables tous les deux...
Saki observe Kazuma qui est rayonnant de bonheur.
Saki - Vous semblez content pour votre fils...
Kazuma - J’aime beaucoup Tohru san... et ça fait bien longtemps que j’ai mis la vie de mon fils entre ses mains... Alors je sais qu’elle s’en occupera bien.
Saki sourit, heureuse que l’homme ait une si haute estime pour son amie. Puis son antenne à détecter les ondes se pointe sur la tête et elle se lève subitement, s‘approchant d‘Arisa..
Saki - Arisa... Nous devrions y aller...
La yankee, qui ne comprend pas pourquoi, râle.
Arisa - Hein ?! Mais attends ! C’est pas fini !
Elle la pousse tout en souriant à Kazuma.
Saki - Rejoignez nous après...
L’homme regarde derrière lui et aperçoit une silhouette. Il comprend alors.
Kazuma - Je vous remercie.
Une fois les filles parties, il jette un dernier regard sur l’étang et voit le sourire radieux de Kyo. Cette image lui fait chaud au cœur.
Pensée Kazuma - Mon fils... Il est heureux aujourd’hui... Et quoi qu’il m’arrive à présent, je sais qu’il n’est plus seul, qu’il y a des personnes qui le soutiendront et l’aimeront...
Il s’éloigne un peu et rejoint la silhouette aperçue juste avant.
Kazuma - Quelle jolie scène, n’est-ce pas, Kuréno kun ?
Kuréno n’est pas très surpris par sa venue.
Kazuma - C’est étrange tout de même... C’est le seul des treize qui garde une trace de la malédiction à cause de la troisième forme et pourtant il s’est fait accepté...
Kuréno - C’est bien le premier Chat qui soit chanceux...
Kazuma sourit.
Kazuma - En effet...
Il s’éloigne un peu vers la fête.
Kazuma - Mais plus que de la chance, il a su bien réagir par rapport à ceux qui l’entouraient, se liant avec eux. Mais son bonheur est accessible à tous les signes...
Il lui envoie un dernier regard. Kuréno reste figé, pensif à ses paroles. Kazuma disparaît.

Après qu’ils se soient bien amusés, tous rentrent en même temps. Kakéru discute avec Yuki et Machi, Haru, Isuzu (Rin), Hiro et Kisa partagent des petits beignets fourrés, Kyo, Tohru, Saki, Mégumi et Kazuma marchent en fin de cortège. Kazuma rassure Tohru.
Kazuma - Bien évidement, Tohru san, que tu pourras venir manger avec Kyo et moi à la maison ! Tu nous honoreras même de ta présence.
Kyo ajoute.
Kyo - Je te l’avais dit qu’il serait ravi... Alors, tu es rassurée ?
Tohru rougit.
Tohru - Oui.. Je suis contente...
Elle regarde sa main qui tient celle de Kyo, si grande et chaude. Puis elle dévisage le garçon qui parle avec son père du dojo, souriant et serein. Cela la rend très heureuse.

Arrivés à un carrefour, les groupes commencent à se séparer. Kyo et Tohru prennent le chemin de la maison de Shiguré, Kazuma ramène Saki et son frère chez eux, le groupe Kisa, Hiro, Haru et Isuzu s’en va vers la propriété Soma, restent Yuki, et Kakéru qui décident de ramener Machi chez elle tout en discutant du lycée.
Kakéru soupire.
Kakéru - Ce que le boulot de président peut être chiant ! Mais comment tu faisais Yun Yun ?!?
Yuki grimace.
Yuki - Tu n’es président que depuis aujourd’hui... Comment peux-tu dire que c’est chiant ?
Kakéru - C’est plus fun du tout au conseil... Pff, t’es sûr que tu veux pas redoubler ?
Yuki s’énerve.
Yuki - Non mais ça va pas ? Tu te débrouilles, fallait pas accepter le poste...
Kakéru - Je l’ai pris pour avoir la cote à l’école, pas pour le boulot...
Cette remarque fait lever les yeux au ciel de la Souris et de Machi en même temps. Il regarde la jeune fille.
Yuki - Et toi, Machi san, tu es toujours au conseil ?
Machi réalise qu’il lui parle et le regarde avec ses yeux mystérieux. C’est Kakéru qui répond.
Kakéru - Bien sûr qu’elle fait toujours parti de la team !
Yuki le foudroie du regard.
Yuki - Pourquoi faut-il toujours que tu répondes à sa place ?
Kakéru sourit innocemment.
Kakéru - Je ne savais pas qu’entendre ces même informations de ma bouche ou de la sienne avait de l’importance...
Yuki - Je ne supporte pas quand on ne laisse pas les gens s’exprimer eux même...
Les yeux de Machi s’écarquillent en entendant cela, semblant la toucher au plus profond d’elle. Kakéru râle.
Kakéru - Raaah ! C’est pareil !
Puis il regarde autour de lui et montre la maison au bout de la rue, assez loin.
Kakéru - Ah ! Machi, tu es arrivée !
Elle baisse les yeux et répond timidement à son frère.
Machi - Tu ferais mieux de me laisser là... Je vais rentrer seule...
Yuki est étonné.
Pensée Yuki - Pourquoi lui dit-elle cela ?
Voyant le regard inquiet de la jeune fille, Kakéru comprend.
Kakéru - Hmm... Si ta mère me voit, elle risque de faire une crise... Ok ! Je vous laisse là, à demain en cours, Machi ! A plus, Yun Yun !
Au moment où il s’en va, la porte du jardin des Kuragi s’ouvre et une femme en sort, hors d’elle.
Femme - Machi ! Kakéru ?!?
Elle se met face à Machi et lui donne une violente gifle.
Femme - Comment oses-tu te balader avec lui alors que je te l’ai interdit ?
Elle s’adresse à Kakéru.
Femme - Et toi, espèce de bâtard ! Ne t’approche pas de ma fille ! Disparaît !
Yuki recule d’un pas et reste bouche bée face à ce spectacle, Kakéru grimace et Machi est complètement paniquée, ses jambes se mettent à trembler. La mère saisit le col de Kakéru.
Femme - Disparaît de notre vie, je ne veux plus voir ta gueule de petite raclure, dégage !
Malgré que Kakéru n’ait pas l’air impressionné par la femme et ses insultes, Machi est de plus paniquée, assistant avec impuissance et désespoir à la scène. Elle balbutie.
Machi - Non... mère... non... Kakéru... est... il... il...
Mais elle ne peut aligner plus de deux mots et sa voix était si faible que seul Yuki à côté d’elle a entendu.
Ne pouvant plus supporter d’avantage, prise d’une peur incontrôlable, Machi s’enfuit en courant dans les rues noires. Sa mère s’énerve encore plus.
Femme - Tu as vu ce que tu lui as fait ?! Par ta faute, ma fille est partie !
Yuki observe cette scène tout en serrant les poings inconsciemment. Des images de Machi lui reviennent en tête : froide, seule, prise de crises incompréhensibles et ne communiquant jamais. Il décide d’intervenir, le regard noir de haine, poussé par une envie inqualifiable.
Yuki - Êtes-vous sûre que son frère est la conséquence de sa fuite ? Lui avez-vous déjà demandé si elle ne voulait pas le voir, cette “raclure” de Kakéru ?
La mère et Kakéru se retournent, abasourdis par ce qu’ils entendent.
Femme - Comment ?
Kakéru - Yun ?
Yuki est encore plus énervé.
Yuki - Ce n’est pas en enfermant votre fille qu’elle pourra s’épanouir! En la privant de son entourage, à l’écart de tout, vous allez la détruire petit à petit !
Kakéru est étonné par cette colère et se rappelle ce même visage au moment où il avait parlé de son passé. Puis Yuki part dans la même direction que Machi a prise juste avant. La mère est bouche bée, médusée.

Résidence Soma.

Kuréno marche dans les jardins de la résidence Soma en direction de sa maison. Mais il n’est pas seul, une jeune fille en kimono le suit. Le bas du kimono est attaché sur le côté par un ruban ce qui lui donne une forme asses originale et inhabituelle mais la laisse marcher plus facilement. car lui dénude les jambes. Elle râle.
? - Mais comment font Toru et Saki pour supporter ce machin ? Raah ! J’aurais du faire une fente sur le côté !
Kuréno sourit.
Kuréno - Arisa san, ne criez pas ainsi, vous allez réveiller tout le monde.
Elle devient rouge de confusion.
Arisa - Oups ! Oui, désolée...
Après quelques minutes de silence, elle le regarde, fronçant les sourcils.
Arisa - Vous êtes un drôle de gars quand même... Je n’entends plus parler de vous pendant des mois et -pouf- vous apparaissez devant moi en disant “Oh ! Arisa san” suivit juste après de “Et si on faisait un peu plus connaissance ?”...
Il se gratte la tête.
Kuréno - Hmm... Disons que...
Voyant que cette remarque l’indispose, elle change de sujet de conversation.
Arisa - Vous êtes vraiment un cousin de Kyon et du prince... je veux dire Yuki...?
Kuréno - En effet..
Arisa - Ca pour une surprise...
Ils arrivent devant la maison de Kuréno et il ouvre la porte. Pendant ce temps, elle inspecte les environs et voit la maison voisine. Elle s’aperçoit que la porte est entrouverte et qu’une lumière est allumée.
Arisa - Ah ! On dirait que vos voisins ne dorment pas...
Il se retourne soudainement vers la maison et se précipite vers la porte ouverte. Arisa grimace.
Arisa - Hé ! J’ai pas dit ça pour que vous alliez les espionner...
Elle avance vers lui et va pour dire quelque chose quand elle se retrouve plaquée contre le mur par Kuréno qui lui a mis la main sur les lèvres. Il lui murmure au creux de l’oreille.
Kuréno - Surtout, plus aucun bruit.
Elle hoche la tête pour dire oui. Il enlève sa main délicatement. Elle demande tout bas.
Arisa - Qu’est-ce qu’il y a ?
Mais il ne répond pas.
Kuréno - Surtout ne bougez pas d’ici et ne vous faites pas remarquer...
Il la laisse seule et entre avec grande discrétion. Dans la maison, on entend quelqu’un qui se débat et des voix d’hommes. Lorsqu’il ouvre la porte d’où proviennent les voix, il surprend une scène qui le panique au plus haut point : une femme d’environ vingt ans, aux cheveux noir-bleutés très longs est complètement effrayée., retenues par les poignets par des hommes. Une vieille femme, une paire de ciseaux à la main, s’occupe de lui couper les cheveux au niveau des joues.
Kuréno balbutie.
Kuréno - Que faites-vous ici ?
La jeune femme se retourne vers lui en pleur : c’est le portrait même d’Akito, ses yeux, son visage, sa couleur de cheveux. Mais Kuréno n’est pas surpris par la ressemblance. Un homme lui répond.
Homme - Sortez d’ici !
Kuréno - Que lui faites-vous ? Cette maison est interdite d’accès ! Laissez cette fille tranquille !
La vieille femme s’approche de Kuréno, le regard noir.
Vieille femme - Cette fille est notre chef ! Il semblerait que vous nous l’ayez caché durant toutes ces années, Coq du Juni-shi.
Kuréno - Comment l’avez-vous su ?
Vieille femme - Peu importe... Nous devons la préparer pour qu’elle devienne la remplaçante d’Akito san. Après tout, c’est sa sœur jumelle, c’est son droit légitime...
Kuréno se fait assommer par derrière avant même d’avoir pu protester et s’affale sur le sol. Arisa assiste à la scène en regardant à travers des trous qu’elle a fait dans la porte en papier de riz. La vieille finit de couper les cheveux de la jeune femme.
Vieille femme - Tu vas devenir quelqu’un d’autre... A partir de maintenant, tu ne t’appellera plus Ren mais Akito...
La fille, en voyant Kuréno toujours à terre, panique.
Vieille femme - Je suis la plus vieille des Soma. Je me dois d’assurer la prospérité du Clan. Tu deviendras le chef et te comportera comme l’ancien Akito... Ou sinon ton protecteur pourrait avoir des ennuis...
A ces menaces, elle obtempère et se laisse faire. Une fois la maison vidée de ses occupants excepté Kuréno, Arisa entre et s’occupe de l’homme encore inconscient.
Pensée Arisa - La famille Soma est encore plus sombre qu’Hanajima l’avait sentie... Je me plains de la mienne mais eux c’est pire que tout...
Elle s’assoit à même le sol et place la tête de Kuréno sur ses genoux tout en caressant son visage, inquiète.





Chapitre 7





Dans un parc de la ville, en pleine nuit.

Yuki est essoufflé et cherche toujours Machi. Il entend des bruits dans un parc et voit, en s’approchant, la jeune fille qui déracine des fleurs, prise d’une crise incontrôlable. Elle pousse des cris stridents, expression de sa frustration et de ses angoisses. Yuki ne peut supporter cette scène plus longtemps et l’arrête, lui saisissant les poignets.
Yuki - Machi ! Arrête ! Calme toi !
Mais la jeune fille n’écoute rien et continue son carnage en se débattant.
Pensée Yuki - C’est comme au local... Elle l’a saccagé deux fois mystérieusement...
Yuki lui retient les mains de son mieux, contractant tout ses muscles pour contenir la colère de Machi. Ne pouvant plus bouger, elle se met à crier.
Machi - Laisse moi ! Laisse moi avec mes problèmes ! Tu ne sais pas ce que je ressens !
Elle est en larme, jamais il ne l’avait vu si humaine et si fragile. Il la voit alors comme une petite fille perdue, seule et désespérée. Une image se superpose dans son esprit et le fait réagir immédiatement : il se revoit enfant, recroquevillé et effrayé. Il lui dit alors au bord des larmes.
Yuki - Ce que tu ressens ? C’est comme si tu te noyais dans une mer glacée ! Tu es terrorisée parce que tu vois que tu t’enfonces toujours plus vers le fond, vers l’obscurité... Et alors tu te débats et essayes de remonter à la surface ! Mais tu as tellement luté qu’avant d’arriver en haut tu es morte de fatigue... Et tu te laisses couler à nouveau...
Elle se fige en entendant ces paroles, dévisageant Yuki qui semble lutter mentalement en racontant ça. Le garçon a les yeux fermés, crispé et horrifié en même temps.
Yuki - Tu es glacée... Tout autour de toi de fait mal, te fais peur... Il n’y a personne pour t’aider à remonter... Mais tu ne veux pas mourir ainsi et te débats encore et toujours... Mais plus tu essayes et plus ça fait mal... Tu perds espoir de t’en sortir et puis tu préfères te laisser couler pour arrêter de souffrir !
Se livrant ainsi, parlant en fait de son propre traumatisme, Yuki se met à pleurer et lâche les poignets de Machi qui reste perplexe. Elle demande alors à demi voix.
Machi - Comment... As-tu fait... pour remonter ?
Yuki explique entre deux sanglots.
Yuki - Lorsque la surface est si loin... et que l’espoir est parti... On ne peut pas remonter seul, c’est impossible... On n’a plus qu’à prier que quelqu’un veuille bien nous repêcher et nous aider...
Il voit alors des images de Toru l’encourageant, l’aidant, l’aimant pour lui, juste lui. Il ajoute un peu calmé.
Yuki - Elle était là tout le temps, elle m’a trouvé tout au fond de l’eau glacé et m’a tiré jusqu’à la surface avec le peu de force qui lui restait pour elle... Je lui dois tout...
Elle le dévisage.
Machi - Et tu l’aimes ?
Il ferme les yeux et répond sans détour.
Yuki - J’en étais sûr au début... Elle était si présente que j’ai fini par croire que sa gentillesse et sa chaleur étaient de l’amour... Mais j’ai compris que je me trompais... Alors je l’ai vu sous son vrai visage : quelqu’un de formidable que j’admire. C’est de l’admiration que je ressens pour elle maintenant... Et la force qu’elle m’a donné, je veux la donner à mon tour.
Il recoiffe les cheveux de la jeune fille en les repoussant en arrière. Puis il sourit.
Yuki - Je t’ai trouvé au fond de l’eau, dans le noir, te débattant de toutes tes forces... Ne lutte pas seule...
Il se lève et tend sa main vers elle, le plus bas qu’il puisse.
Yuki - Laisse moi t’aider à remonter ! Laisse nous, ton frère et moi, te hisser jusqu’à la surface.
Elle aperçoit Kakéru qui les observe de loin, l’air assez inquiet. Yuki la rassure.
Yuki - Nous sommes là si tu acceptes nos mains...
Elle regarde ses mains salies par la terre et quelques larmes tombent inconsciemment. Elle enlève la saleté, lui prend timidement la main et se laisse soulever par le garçon. Mais elle n’a plus de force et ne tient plus sur ses jambes. La Souris la rattrape avec facilité, la prenant dans ses bras. Elle est très surprise et surtout rouge de gêne. Lui au contraire la regarde avec un grand sourire. Il murmure.
Yuki - Tu vois... Il y a des gens pour t’aider à te relever. Ais confiance...
Elle se dégage doucement de contre lui, des larmes coulent le long de ses joues : se sont des larmes de joie et de soulagement. Elle le regarde avec gratitude pour tous ces mots réconfortants.
Au bout d’un moment, Kakéru s’approche d’eux et donne une petite tape amicale dans le dos de Yuki. Il murmure.
Kakéru - Je retire ce que j’ai dit : tu es un vrai prince, Yun Yun...
Yuki croit qu’il se moque de lui.
Yuki - Ne pourrais-tu pas être sérieux au moins une fois dans ta vie ?
Le brun sourit.
Kakéru - Hé ! Je suis sérieux !
Il s’approche ensuite vers sa sœur.
Kakéru - Yun Yun a raison... Ca ne peut plus durer comme ça, Machi.
Elle dit oui en hochant la tête et en faisant un petit sourire timide. Il passe sa main derrière elle pour l’inviter à sortir du parc et la ramène à la lumière d’un lampadaire en compagnie de Yuki. Au bout d’un moment de discussion, Kakéru décide d’emmener sa sœur dormir chez lui. Yuki leur dit au revoir.
Yuki - Surtout ne perd pas espoir, Machi kun.
Il regarde Kakéru et ajoute.
Yuki - Je passerai au lycée avant la fin de la semaine. Assure ton boulot de président jusque là...
Kakéru - Hein ?
Yuki - Tu es nul... Il faut bien que quelqu’un t’aide, toi aussi... Et puis je viendrai voir comment va Machi par la même occasion...
Yuki et Machi s’échangent un dernier regard complice et ils se séparent.

10 jours plus tard

C’est la rentrée des classes pour les étudiants à l’Université. Yuki et Tohru, habillés de leurs nouveaux uniformes, marchent dans la rue. Tohru a le même uniforme que Kagura : une robe courte verte très pâle avec des collants et des chaussures noires. Yuki, lui, a une chemise blanche avec des bordures vertes pâles et un pantalon noir. Ca les grandi encore.
Tohru est anxieuse, Yuki le voit bien.
Yuki - Détendez-vous, Tohru san, tout se passera bien...
Tohru - Oui... je sais...
Pensée Yuki - La vrai raison de son angoisse, ce n’est pas vraiment le début des cours... C’est Kyo qui l’inquiète. Il est parti de la maison il y a trois jours et elle n’a pas arrêté de se faire du soucis pour lui... Déjà à son départ...

[Flash Back
Ils sont devant la maison, Kyo a un gros sac sur le dos. Tohru lui tient les mains.
Tohru - Fais bien attention sur la route surtout ! Et puis si ton père et toi avez des problèmes d’ordre ménager, surtout appelez moi, je vous aiderai ! Et... heu...
Kyo l’arrête.
Kyo - Tohru... Tout se passera bien. Et puis on se voit dans trois jours à l’Université...
Tohru - Oui mais...
Il met sa main sur ses cheveux très tendrement.
Kyo - Ca te rassurera si je t’appelle dans deux jours pour te dire que tout va bien ?
Elle hoche la tête timidement et il répond après l’avoir embrassée sur le front.
Kyo - D’accord...
Fin du Flash Back]

Retour au présent, Yuki et Tohru arrivent à l’Université. Tout autour d’eux, des centaines d’étudiants entrent comme eux. Près de l’entrée , un petit groupe les attend : Kagura, Isuzu et Kyo discutent. Saki est à côté d’eux, guettant l’arrivée de son amie.
Kagura - Tohru chan ! Yun chan, bonjour !
Tohru - Isuzu san, Kagura chan et Hana chan, bonjour !
Yuki - Bonjour.
Saki fait un petit signe de la main et Kyo reste statique, adossé au mur, gêné qu’il y ait tant de monde. Il sourit à Tohru qui lui rend son sourire, comprenant.
Saki fait part de son inquiétude à son amie.
Saki - Je n’ai toujours pas de nouvelles d’Arisa.
Tohru - Moi non plus. Je sais qu’elle devait commencer son travail il y a une semaine... Peut-être qu’elle est trop fatiguée ces temps-ci...?
Saki - Hmm... Oui sûrement...
Puis, voyant qu’ils sont de trop, Kagura et Saki poussent Isuzu et Yuki plus loin. Kyo et Tohru se retrouvent seuls. Ils sont tendus et gardent un peu de distance.
Kyo - Alors, tout se passe bien chez Shiguré ?
Elle répond, rougissant.
Tohru - Oui...
Elle ne se contient plus et demande paniquée.
Tohru - C’est toujours d’accord pour ce soir ? Shishio san n’a pas changé d’avis ?
Il sourit, pas surpris par la question, s’y attendant.
Kyo - Mais non... Comme je te l’ai dit au téléphone hier, il est ravi que tu viennes dîner. Et comme prévu, tu nous rejoins au dojo après ton baito* (*petit boulot d’étudiant)
Toru baisse la tête, honteuse.
Tohru - Désolée... Je sais que j’en fais trop... Je suis inquiète...
Kyo rougit.
Kyo - Hmm... C’est rien...
Il s’apprête à entrer dans l’Université mais elle l’arrête et plonge dans ses bras. Kyo est complètement gêné, voyant tous les étudiants les regarder.
Kyo - Oy ! Tohru !
Il murmure.
Kyo - Pas devant tout le monde comme ça...
Il l’entend renifler, comprenant qu’elle sanglote.
Tohru - Toutes mes excuses, Kyo*... Je suis extrêmement désolée, je m’inquiète... Je ne sais pas pourquoi, c’est incompréhensible, mais je ne suis pas rassurée, pardon... (*l’absence de suffixe de politesse -san, kun, etc...- traduit une certaine complicité entre deux personnes : famille, amitié ou amour)
Il soupire et la serre contre lui, rouge à l’extrême. Autour d’eux, ils les observent, souriant de cette scène toute mignonne.
Pensée Kyo - Tohru a beaucoup mûri... Depuis qu’elle a réfléchi à son avenir, elle semble un peu libérée... Par contre, elle est très inquiète pour moi depuis le soir de la fête...
Il lui prend la main, l’écarte un peu de lui et essuie ses larmes tout en souriant.
Kyo - Bon... Ca suffit les larmes, sinon on va croire que c’est moi qui te fais pleurer...
Toru fait une petite bouille et enlève ses larmes immédiatement.
Tohru - Ah non alors !
Elle affiche son plus grand sourire et l’entraîne vers l’entrée où sont les autres. Kyo la suit.

L’après midi.

Yuki et Tohru sont de nouveau ensemble. Ils sortent de l’Université et la Souris est au téléphone.
Yuki - Tu es censé t’en sortir je te signale ! (...) Comment ça ? (...)
Il y a une grand silence, Tohru l’observe, intriguée, et voit une grimace se dessiner sur le visage de Yuki.
Yuki - Il n’en est pas question ! Prépare ce festival tout seul, Kakéru !
Après ça, il lui raccroche au nez et dit tout haut, posant sa main sur ses yeux.
Yuki - Ce gars me désespère...
Tohru - C’est le nouveau président du conseil des élèves du lycée ?
Yuki - Oui... Manabé Kakéru... Il fait vraiment n’importe quoi...
Il réalise au bout d’un moment qu’elle ne prend toujours pas le chemin de son baito.
Yuki - Tohru san ! Vous n’allez pas à votre Baito ?
Elle sourit timidement.
Tohru - J’ai téléphoné à Momiji hier soir... Je lui ai demandé de prévenir que je ne viendrai pas...
Yuki - Vous allez directement au Dojo de Kazuma dono ?
Tohru - oui.
Elle rougit et demande.
Tohru - Tu penses que je ne devrais pas ? Que c’est mal élevé d’y aller en avance ?
Yuki affiche un sourire radieux.
Yuki - Faites ce que bon vous semble ! Le dojo est ouvert à tout le monde !
Il se penche ensuite vers elle, tel un prince.
Yuki - Me laisserez-vous vous accompagner jusque là bas ? Ca fait très longtemps que je n’ai pas vu le dojo.
Tohru - Avec plaisir !






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